Klere Chimen : le MAST veut reprendre progressivement la gestion du programme

Le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) souhaite reprendre progressivement la gestion du programme Klere Chimen. Le programme est actuellement mis en œuvre avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM), de la Banque mondiale et de la Coopération suisse.

Port-au-Prince, le 15 septembre 2026. —Le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, a fait part de cette volonté lors d’une rencontre tenue lundi avec les représentants des trois partenaires.

Les discussions ont porté sur le transfert progressif des responsabilités au MAST. Elles ont également concerné le renforcement des capacités nationales et l’extension éventuelle du programme aux dix départements du pays.

Le MAST veut renforcer ses capacités

Selon Marc-Elie Nelson, la transition doit permettre de consolider les acquis de Klere Chimen et de renforcer le système national de protection sociale.

Le ministre estime toutefois que le transfert des responsabilités doit être accompagné d’un transfert de capacités.

« Transférer des responsabilités sans transférer les capacités, c’est fragiliser la durabilité de l’action publique », a-t-il déclaré.

Klere Chimen repose notamment sur des mécanismes de transferts monétaires, de ciblage des bénéficiaires, de paiement, de gestion des plaintes et de suivi-évaluation.

Le MAST souhaite s’appuyer sur l’expérience acquise dans le cadre du programme pour renforcer ses propres structures. L’objectif est d’assurer la continuité des services destinés aux ménages vulnérables.

Une feuille de route envisagée

Le ministre propose l’élaboration d’une feuille de route commune. Celle-ci devrait préciser les responsabilités à transférer, les capacités à renforcer, les besoins en assistance technique et les échéances.

Elle devrait également définir les mécanismes de suivi du processus.

Le MAST souhaite inscrire cette démarche dans une réforme plus large du système national de protection sociale. Marc-Elie Nelson propose notamment d’utiliser la Politique nationale de protection et de promotion sociales (PNPPS) comme cadre stratégique pour les interventions dans le secteur.

Le SIMAST au cœur de la stratégie

Le Système d’information du ministère des Affaires sociales et du Travail (SIMAST) devrait également occuper une place importante dans cette stratégie.

Le gouvernement souhaite faire du SIMAST le registre social unique de l’État haïtien. Un projet de décret est actuellement en préparation à cet effet.

Le MAST prévoit aussi de renforcer ses structures techniques et d’améliorer les méthodes de collecte de données. L’objectif est d’élargir la couverture du SIMAST, notamment dans les zones difficiles d’accès et lors des situations d’urgence.

La continuité des services en question

La mise en œuvre de cette transition dépendra notamment des ressources humaines, techniques et financières disponibles au sein du MAST.

Le ministère devra être en mesure d’assurer les fonctions actuellement soutenues par les partenaires internationaux.

La continuité des transferts monétaires et des autres services destinés aux bénéficiaires devra également être préservée durant le processus.

La rencontre a réuni des cadres techniques du MAST et des représentants du PAM, de la Banque mondiale et de la Coopération suisse.

Parmi les participants figuraient Lauren Landis, directrice pays du PAM, Sergot Jacob, Policy Advisor au PAM, Nina Astfalk, cheffe de la Coopération suisse en Haïti, Lukas Luscher, chef adjoint de la Section Amérique latine, Dieter Loosli, chargé des ressources humaines pour Haïti, et Anne-Lucie Lefebvre, Country Manager de la Banque mondiale pour Haïti.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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