Élections : Moïse Jean-Charles demande le départ de Fils-Aimé et défend un exécutif bicéphale
Le leader de Pitit Dessalines, Moïse Jean-Charles, demande le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il estime que les conditions actuelles ne permettent pas d’organiser des élections crédibles, notamment en raison de l’insécurité.

Port-au-Prince, 6 septembre 2026. La question sécuritaire reste au cœur des préoccupations liées au processus électoral. La CARICOM mène actuellement des consultations avec plusieurs acteurs politiques haïtiens, dont Pitit Dessalines.
Moïse Jean-Charles met en cause la gestion de la sécurité
Pour Moïse Jean-Charles, l’organisation d’élections est difficilement envisageable dans des communes où les citoyens ne peuvent pas circuler librement ni exercer normalement leurs droits civiques.
Cette position place directement le gouvernement face à sa responsabilité dans la création des conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible.
Le leader de Pitit Dessalines estime que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’a pas obtenu les résultats attendus sur le plan sécuritaire et doit, pour cette raison, quitter son poste.
Mais cette demande pose une autre question : quelle alternative politique propose-t-il ?
Quelle alternative après Fils-Aimé ?
Moïse Jean-Charles est un acteur de longue date de la vie politique haïtienne. Ancien maire de Milot, ancien sénateur du Nord et candidat à la présidence, il a occupé plusieurs fonctions politiques importantes.
Son parcours l’inscrit donc parmi les acteurs appelés à proposer des solutions à la crise actuelle.
Au-delà de la dénonciation des insuffisances du gouvernement, sa position soulève une question centrale : quel dispositif politique et institutionnel propose-t-il pour sortir de la crise ?
Cette question est d’autant plus importante que Pitit Dessalines a participé à différentes configurations politiques liées à la transition.
Un exécutif bicéphale pour un an
Parmi les propositions avancées par Moïse Jean-Charles figure la mise en place d’un exécutif bicéphale pour une période d’un an.
Cette formule soulève toutefois plusieurs interrogations.
Qui désignerait les responsables de cet exécutif ? Quelle serait leur légitimité ? Quel serait le fondement juridique d’un tel dispositif ? Et comment éviter qu’une transition présentée comme temporaire ne se prolonge au-delà de la période prévue ?
Haïti a déjà connu plusieurs gouvernements provisoires et accords politiques destinés à gérer des périodes de transition.
Toute nouvelle formule devrait donc préciser son cadre juridique, sa durée, ses mécanismes de fonctionnement et surtout les conditions permettant de parvenir à des institutions légitimes.
La sécurité reste le principal défi électoral
Le débat ne porte toutefois pas uniquement sur le remplacement du Premier ministre.
Une éventuelle nouvelle équipe devrait répondre à des questions concrètes : comment reprendre les territoires contrôlés par les groupes armés ? Comment sécuriser les centres de vote ? Comment permettre aux personnes déplacées de participer au scrutin ? Comment rétablir le fonctionnement de la justice et de l’administration publique ?
La crédibilité des prochaines élections dépendra largement de la capacité des autorités à répondre à ces défis.
Le gouvernement affirme, pour sa part, vouloir améliorer la situation sécuritaire et créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles, avec l’appui de partenaires régionaux.
Moïse Jean-Charles face à ses propres responsabilités
La prise de position de Moïse Jean-Charles replace la sécurité au centre du débat électoral. Elle met également en évidence une exigence qui concerne l’ensemble des acteurs politiques : présenter une alternative précise et réalisable.
Demander le départ d’un Premier ministre constitue une position politique. Mais la question centrale reste celle de l’après.
Si Alix Didier Fils-Aimé devait quitter ses fonctions, quelle équipe prendrait la relève ? Avec quel mandat ? Pour quelle durée ? Et avec quelles priorités ?
Ces réponses sont essentielles pour évaluer la crédibilité de toute proposition de transition.
Le débat politique haïtien ne peut donc pas se limiter à la question de savoir qui doit partir. Il doit également porter sur les mécanismes institutionnels, les garanties de sécurité et les conditions nécessaires à la tenue d’élections légitimes.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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