Haïti prépare une feuille de route nationale pour mieux financer l’action climatique

Le ministère de l’Environnement veut renforcer la mobilisation et la coordination des financements destinés à lutter contre les changements climatiques en Haïti. Une table sectorielle organisée les 3 et 4 septembre à Port-au-Prince a posé les bases d’une future Feuille de route nationale de finance climatique.

PORT-AU-PRINCE, 5 septembre 2026. La rencontre, organisée par la Direction des Changements Climatiques (DCC), a réuni des représentants de plusieurs ministères, des partenaires techniques et financiers, des organisations environnementales, des ONG et du secteur privé.

L’objectif était d’examiner les besoins du pays et les moyens de mieux orienter les ressources disponibles vers les priorités climatiques nationales.

Des financements jugés insuffisants

À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a estimé que les ressources mobilisées restent insuffisantes face à l’ampleur des défis environnementaux auxquels Haïti est confronté.

« En Haïti, les engagements financiers ne sont pas à la hauteur des défis environnementaux », a-t-il déclaré.

Le ministre a appelé à dépasser les annonces de financement pour privilégier des investissements capables de produire des résultats concrets et mesurables. Il a notamment insisté sur la nécessité de soutenir les communautés et les secteurs les plus exposés aux effets du changement climatique.

Il a également salué la contribution de World Vision aux initiatives liées à l’action climatique en Haïti.

Identifier les besoins et les déficits de financement

Les échanges ont notamment porté sur l’état des financements disponibles pour l’action climatique et sur les besoins du pays.

Le point focal opérationnel du Fonds pour l’environnement mondial (GEF) en Haïti, l’ingénieur Astrel Joseph, a présenté un état des lieux de la mobilisation des ressources financières consacrées au climat. Son intervention a permis de mettre en évidence les ressources disponibles ainsi que les déficits de financement.

Raoul Vital a présenté les ambitions nationales en matière de finance climatique. De son côté, Odré Valbrun a abordé la mise en place d’un mécanisme national de coordination de l’action climatique, en lien avec les Contributions déterminées au niveau national (CDN) et le Cadre stratégique pour l’environnement et les actions climatiques (CSEA).

Le directeur des Changements Climatiques, Rockendy René, a présenté les besoins d’Haïti en matière de financement climatique. Le pays contribue peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais reste fortement exposé aux conséquences du changement climatique.

Une future feuille de route nationale

Les deux journées de discussions doivent servir de base à l’élaboration d’une Feuille de route nationale de finance climatique.

Le document devrait définir un cadre permettant de mieux mobiliser, coordonner, administrer et orienter les ressources consacrées au climat. Il devra également prendre en compte les priorités nationales de développement, les engagements climatiques d’Haïti et les besoins des communautés et des territoires exposés.

À la clôture de la rencontre, le directeur général du ministère de l’Environnement, Joseph Emmanuel Philippe, a appelé à renforcer la coordination entre les acteurs et le dialogue entre les différentes parties prenantes.

Le ministère entend ainsi parvenir à une gestion plus structurée et opérationnelle de la finance climatique, afin de rapprocher les ressources disponibles des besoins identifiés sur le terrain.

Ronald André


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