Élections : l’absence de centres d’inscription pénalise des candidats potentiels

À l’approche des élections annoncées pour le 13 décembre 2026, l’accès au processus électoral suscite des inquiétudes dans plusieurs communes d’Haïti. Dans les zones confrontées à l’insécurité, l’absence de centres d’inscription constitue notamment un obstacle pour des citoyens qui souhaitent se porter candidats.

Port-au-Prince, le 27 septembre 2026. Alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) poursuit ses préparatifs, plusieurs communes seraient toujours privées de centres d’inscription.

La situation concernerait notamment Petite-Rivière de l’Artibonite, Verrettes, Liancourt, La Chapelle et Marchand-Dessalines. Certaines circonscriptions de Port-au-Prince et la commune de Croix-des-Bouquets seraient également concernées.

Cette situation pose un problème particulier aux candidats potentiels. En effet, l’article 119 du décret électoral du 2 juin fixe des conditions liées à l’inscription sur le registre électoral avant le dépôt d’une candidature.

Dès lors, une question se pose : comment un citoyen peut-il remplir cette condition lorsqu’aucun centre d’inscription ne fonctionne dans sa commune ?

Le CEP transfère la réception des dossiers vers les BED

Le 12 septembre, le CEP a annoncé des mesures particulières pour la réception des déclarations de candidature dans les zones touchées par l’insécurité.

Ainsi, dans certaines circonscriptions, les candidats peuvent déposer leurs pièces directement auprès des bureaux électoraux départementaux (BED).

Dans l’Ouest, les déclarations concernant notamment Carrefour, Gressier, Kenscoff, Cabaret, Cornillon/Grand-Bois, Croix-des-Bouquets, Fonds-Verrettes, Ganthier, Thomazeau et Port-au-Prince III doivent être reçues au BED de l’Ouest I, sous réserve des dispositions applicables.

Dans l’Artibonite, les candidats de Grande-Saline, La Chapelle, Liancourt, Marchand-Dessalines, Montrouis, Petite-Rivière de l’Artibonite et Verrettes sont invités à déposer leurs pièces au BED de l’Artibonite.

De leur côté, les candidats de Mirebalais et de Saut-d’Eau doivent s’adresser au BED du Centre.

Toutefois, ce dispositif ne règle pas nécessairement le problème de l’inscription préalable sur le registre électoral.

Des candidats potentiels face à un obstacle administratif

Contacté par téléphone, un candidat potentiel à la députation pour Petite-Rivière de l’Artibonite, qui a requis l’anonymat, affirme être confronté à cette difficulté.

Selon lui, son parti exige le code attribué aux citoyens inscrits sur le registre électoral avant de procéder à leur inscription comme candidats sur la plateforme du CEP.

« J’ai mes pièces, mais le parti m’a annoncé qu’on ne peut pas m’inscrire comme candidat puisque je ne suis pas encore inscrit comme électeur », explique-t-il.

Le candidat affirme, par ailleurs, qu’aucun centre d’inscription ne fonctionne actuellement dans sa commune.

Ainsi, les citoyens souhaitant se porter candidats pourraient se retrouver face à un obstacle administratif. Ils doivent déposer leur dossier, mais ne disposent pas nécessairement de tous les éléments requis pour finaliser leur candidature.

Des partis politiques expriment leurs préoccupations

Plusieurs responsables politiques se disent préoccupés par cette situation.

Ils évoquent notamment l’insécurité, le blocage de certains axes routiers et les difficultés d’accès à plusieurs communes.

Selon certains d’entre eux, ces obstacles pourraient compliquer l’organisation des élections dans les zones concernées.

Par conséquent, ils appellent les autorités compétentes à prendre des mesures pour faciliter l’accès aux services électoraux.

Certains responsables politiques critiquent également le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Ils lui reprochent, selon leurs déclarations, de ne pas prendre suffisamment de mesures pour permettre la tenue des élections sur l’ensemble du territoire.

L’article 155 soulève des questions

La situation pose également des questions sur la recevabilité des dossiers de candidature.

En effet, l’article 155 du décret électoral prévoit des dispositions concernant les dossiers incomplets et les responsabilités des responsables des bureaux électoraux.

Une question demeure donc : les BED peuvent-ils recevoir et traiter les dossiers de candidats qui ne sont pas encore inscrits sur le registre électoral en raison de l’absence d’un centre d’inscription ?

Pour les candidats potentiels concernés, une clarification du CEP devient ainsi nécessaire.

Cette clarification est d’autant plus attendue que la période de dépôt des candidatures approche.

« On ne peut pas organiser des élections en excluant certaines zones »

À Marchand-Dessalines, Kerry Jean Baptiste, un citoyen de la commune, estime que l’organisation des élections pose problème lorsque certaines populations ne peuvent pas accéder aux services électoraux.

Il appelle donc l’État à prendre ses responsabilités face à l’insécurité.

Il demande également le rétablissement des conditions nécessaires au fonctionnement des institutions.

À l’approche du scrutin annoncé pour le 13 décembre 2026, l’enjeu dépasse ainsi la seule sécurité des opérations électorales.

Pour les candidats potentiels concernés, l’accès au registre électoral constitue également une condition essentielle à leur participation au processus électoral.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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