Transition haïtienne : l’Opposition Progressiste met la CARICOM face aux échecs du pouvoir
La crise politique, l’insécurité et l’incertitude autour de l’avenir du pays étaient au centre d’une rencontre, vendredi, entre l’Opposition Progressiste et la délégation des Éminentes Personnalités de la CARICOM. Le regroupement politique affirme avoir profité de ces échanges pour présenter aux émissaires régionaux son analyse de la situation nationale et ses propositions pour sortir Haïti de l’impasse.

Face aux représentants de l’organisation régionale, le regroupement politique n’est pas venu uniquement parler d’élections. Il a voulu exposer sa lecture d’une crise qui, selon lui, dépasse largement les institutions. Dans un mémoire remis à la délégation, l’Opposition Progressiste présente un bilan très sévère de la transition et estime que les autorités n’ont pas réussi à répondre aux attentes de la population.
L’insécurité reste au cœur de ses préoccupations. Pour le regroupement, l’expansion des groupes armés et la perte de contrôle de certains territoires traduisent les limites de l’action du pouvoir. L’opposition dénonce également ce qu’elle considère comme des problèmes de gouvernance, de corruption, de clientélisme et d’impunité.
Mais derrière le débat sur la transition, une autre question se pose déjà : dans quelles conditions les Haïtiens iront-ils voter ? Alors que les préparatifs électoraux avancent, l’Opposition Progressiste dit vouloir des garanties avant de se rendre aux urnes. Elle exprime notamment ses réserves sur le cadre électoral et le fonctionnement du Conseil électoral provisoire (CEP), tout en affirmant qu’elle ne rejette pas le principe des élections.
Le regroupement propose plutôt de revoir la trajectoire politique avant le scrutin. Il réclame le départ du gouvernement actuel, la mise en place d’un exécutif bicéphale avec un mandat clairement limité et l’ouverture d’un dialogue national réunissant les différents secteurs de la société. Il demande également l’accompagnement de la CARICOM, des Nations unies et de l’OEA. Au-delà des querelles entre acteurs politiques, le message porté devant la CARICOM est celui d’un pays qui cherche encore une sortie de crise et un chemin vers des élections capables de redonner confiance à ses citoyens.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info
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