Haïti/Élections : le BUCREL met en doute la faisabilité du calendrier du 13 décembre

À un peu plus de trois mois des élections prévues le 13 décembre 2026, le Bureau de Consultation et de Recherches en Légistique (BUCREL) s’interroge sur la capacité du Conseil électoral provisoire (CEP) à respecter le calendrier établi. Dans une note publiée le 3 septembre, l’institution pointe notamment les retards, l’insécurité, le rythme des inscriptions et les incertitudes autour de la ratification populaire.

Me Carlos Hercule

Port-au-Prince, le 4 septembre 2026.- Le BUCREL réagit aux dernières modifications apportées au calendrier électoral par le CEP.

Le Conseil a prolongé plusieurs étapes du processus. L’inscription en ligne des candidats est désormais prévue jusqu’au 20 septembre. Le dépôt des pièces doit prendre fin deux jours plus tard, soit le 22 septembre.

L’analyse des dossiers doit se poursuivre jusqu’au 28 septembre. La liste préliminaire des candidats est attendue le 29 septembre. La liste définitive doit, elle, être publiée le 14 octobre.

Le BUCREL relève toutefois que la campagne électorale doit débuter dès le 5 octobre. Il s’inquiète ainsi du chevauchement entre la campagne et le traitement des contestations liées aux candidatures.

Pour Me Carlos Hercule, directeur exécutif du BUCREL, une meilleure coordination des différentes étapes est nécessaire pour préserver la cohérence du processus.

Des inscriptions jugées trop lentes

Le rythme d’enregistrement des électeurs constitue également une source d’inquiétude.

Le calendrier prévoit 86 jours pour cette opération. Pourtant, moins de 450 000 personnes auraient été inscrites après plus de 45 jours, selon les données citées par le BUCREL.

Le potentiel électoral est estimé à près de 6,5 millions de personnes, sur la base des données disponibles de l’Office national d’identification (ONI).

L’institution reconnaît que l’insécurité constitue un obstacle majeur. Elle limite les déplacements des citoyens et complique le fonctionnement des centres d’inscription et de vote.

Le BUCREL note toutefois les efforts du CEP pour augmenter progressivement le nombre de centres opérationnels.

Il appelle surtout les autorités à publier régulièrement des données consolidées sur les inscriptions, notamment le nombre d’électeurs enregistrés et leur répartition géographique.

Des zones d’ombre autour de la ratification populaire

Le BUCREL exprime également des réserves concernant la ratification populaire prévue le 13 décembre, en même temps que les élections.

Selon l’institution, les dispositions constitutionnelles qui seront soumises au vote restent encore officiellement inconnues. Elle estime que les électeurs doivent disposer de suffisamment d’informations pour comprendre les changements proposés et leurs conséquences.

Or, le temps consacré à l’information et au débat public se réduit à l’approche du scrutin.

Le BUCREL demande donc au CEP de publier un état actualisé de l’exécution du calendrier électoral. Ce document devrait préciser l’état d’avancement des principales opérations et les éventuels retards enregistrés.

L’institution ne conclut pas, à ce stade, à l’impossibilité d’organiser les élections le 13 décembre.

Elle invite toutefois le CEP à répondre à une question centrale : les conditions nécessaires à une exécution cohérente du calendrier sont-elles encore réunies, compte tenu de l’avancement des opérations, de l’insécurité, du temps restant et des exigences du Décret électoral modifié ?

Pour le BUCREL, une réponse documentée permettrait de mieux apprécier la faisabilité du calendrier, la sécurité juridique des opérations et la crédibilité du processus électoral.

Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)


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