Thélyson Orélien : du soupçon d’IA aux accusations de plagiat
La controverse autour de C’était ça ou mourir a pris un nouveau tour. D’abord accusé d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire son roman, Thélyson Orélien voit aujourd’hui plusieurs de ses anciens textes mis en cause pour plagiat. Les deux affaires interrogent l’origine d’écrits publiés sous son nom, mais elles reposent sur des éléments distincts.

Tout commence sur X. Un compte anonyme affirme que le roman de l’écrivain canado-haïtien a été rédigé avec une intelligence artificielle. À l’appui de cette accusation : les résultats d’un logiciel de détection. Orélien dément. Le soupçon gagne pourtant les réseaux sociaux, alors même qu’un tel outil ne permet pas, à lui seul, d’établir comment un livre a été écrit.
La polémique change de terrain lorsque des journalistes se penchent sur des textes publiés bien avant le roman. La Presse rapproche une lettre d’Orélien, parue le 28 février 2013, d’une chronique signée cinq jours plus tôt par Andy Bautista dans The Philippine Star. Le quotidien québécois y relève une traduction largement reprise. Il a depuis signalé à ses lecteurs que le texte publié dans ses pages constituait un plagiat.
Les Décrypteurs de Radio-Canada poursuivent l’examen. Leur enquête met en évidence des emprunts dans au moins cinq chroniques et textes d’opinion signés Orélien en 2012 et 2013. Parmi eux, Où va le monde, récompensé par un prix du public. Selon Radio-Canada et Libération, de nombreux passages de ce récit reprennent la préface du Matin des magiciens, ouvrage de Louis Pauwels et Jacques Bergier publié en 1960. Cette fois, les rapprochements se lisent dans les textes eux-mêmes.
Ces découvertes fragilisent la crédibilité de l’auteur, mais ne prouvent pas que C’était ça ou mourir a été écrit par une machine. Le soupçon d’IA porte sur la rédaction du roman ; les accusations de plagiat concernent des publications antérieures et des passages attribués à d’autres auteurs. Confondre les deux reviendrait à tirer d’un fait établi sur d’anciens textes une conclusion qui reste à démontrer sur le livre.
Les Éditions du Boréal affirment prendre les allégations au sérieux et vouloir faire la lumière sur l’affaire.
L’enjeu dépasse désormais la seule fiabilité d’un détecteur : Orélien est appelé à répondre aux comparaisons précises publiées par plusieurs médias. Quant au roman, sa genèse doit être examinée pour elle-même. C’est à cette condition que le débat pourra quitter le terrain du soupçon pour celui des faits.
Wandy Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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