À New York, le président dominicain fixe trois priorités pour la sécurité en Haïti
Le président de la République dominicaine a appelé mercredi le Conseil de sécurité de l’ONU à accélérer son action en Haïti. Il demande notamment l’achèvement du déploiement de la force internationale et l’application de l’embargo sur les armes.

New York, 24 septembre 2026. —
Devant l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État dominicain a placé la crise haïtienne au cœur de son intervention. Il a estimé que les gangs représentent une menace pour la paix et la sécurité dans toute la région.
Selon lui, les groupes criminels contrôlent des territoires, trafiquent des armes et des personnes et recrutent des enfants. Il a rappelé que la République dominicaine alerte la communauté internationale sur cette situation depuis 2021.
Trois demandes au Conseil de sécurité
Le président dominicain a formulé trois principales demandes.
Il réclame d’abord l’achèvement du déploiement de la force internationale. Les effectifs actuellement déployés ne représenteraient qu’une partie des capacités autorisées.
Il demande ensuite l’application effective de l’embargo sur les armes. Il souhaite également des sanctions contre les personnes qui financent ou protègent les groupes armés.
Enfin, il appelle à renforcer durablement la Police nationale d’Haïti, les forces armées et le système judiciaire.
Le président dominicain a rappelé que le mandat de la force arrive à expiration le 30 septembre. Il estime qu’un simple renouvellement ne suffira pas si les moyens nécessaires ne sont pas effectivement mobilisés.
Kenscoff cité comme exemple
Pour illustrer l’urgence de la situation, il a évoqué le massacre de Kenscoff, survenu le mois dernier.
Au moins 47 personnes, dont cinq enfants, avaient été tuées lors de cette attaque attribuée à des groupes armés.
Le président dominicain a également évoqué le déplacement de quelque 1,5 million d’Haïtiens en raison de la violence. Il a insisté sur la forte proportion d’enfants parmi les personnes déplacées.
La République dominicaine détaille son soutien
Le chef de l’État a par ailleurs rappelé les mesures prises par son pays en soutien à la réponse internationale.
La République dominicaine participe notamment au financement de la force. Elle facilite aussi le transit et la logistique. Un bureau de soutien des Nations unies est également accueilli sur son territoire.
Santo Domingo coopère par ailleurs avec le régime de sanctions. Les hôpitaux dominicains prennent aussi en charge certains membres du personnel de la mission.
Le président a toutefois souligné que la République dominicaine n’entend pas porter seule la réponse à la crise haïtienne.
Il a réaffirmé le droit de son pays à protéger ses frontières et à appliquer ses lois migratoires. Il a également annoncé le renforcement des forces armées dominicaines.
« La solution se trouve en Haïti même »
En conclusion, le président dominicain a soutenu que la solution durable à la crise doit venir d’Haïti.
La communauté internationale doit, selon lui, créer les conditions nécessaires pour permettre aux institutions haïtiennes de reprendre le contrôle du territoire.
Il a également évoqué le retour des enfants à l’école et la possibilité pour les jeunes de construire leur avenir en Haïti.
Il souhaite enfin que les conditions soient réunies pour permettre au peuple haïtien de voter, après une longue période sans élections nationales.
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