Renan Hédouville déporté des États-Unis vers Haïti malgré ses démentis
Arrivé jeudi 3 septembre 2026 à l’aéroport international du Cap-Haïtien à bord d’un vol de déportation affrété par les autorités migratoires américaines, l’ancien Protecteur du citoyen, Me Renan Hédouville, figurait parmi les dizaines de migrants haïtiens reconduits dans le pays. Malgré la réalité administrative de cette expulsion forcée, l’ancien haut fonctionnaire nie fermement avoir été déporté, affirmant que son retour résulte d’une démarche volontaire après neuf jours de détention aux États-Unis.

L’ancien haut fonctionnaire se trouvait aux États-Unis dans le cadre de démarches visant à obtenir un statut de résident, entreprises notamment à la suite de procédures initiées par l’un de ses enfants nés aux États-Unis. Alors qu’il s’apprêtait à signer l’un des derniers documents nécessaires à cette procédure, il affirme avoir été informé que, sur demande des autorités haïtiennes, il pourrait être arrêté avant d’être renvoyé en Haïti.
« Mes proches m’ont conseillé de faire une demande d’asile, mais je ne l’ai pas fait parce que je savais que je n’avais aucun problème avec les autorités de mon pays », a expliqué le professeur Hédouville au correspondant de Radio Kiskeya dans le Nord, Gérard Maximeau. Face à cette situation, il dit avoir demandé l’autorisation de rentrer immédiatement en Haïti et s’être même déclaré prêt à acheter lui-même son billet d’avion. Cette demande a toutefois été refusée par les services migratoires, qui ont maintenu la procédure de reconduite sous pli d’expulsion. Selon lui, c’est finalement sa volonté de retourner en Haïti qui a contribué à accélérer le traitement de son dossier, son retour étant intervenu environ une semaine après son arrestation.
« Neuf jours de détention » qui, selon lui, ont été une leçon de vie
Bien que ramené sous le statut officiel de déporté, Renan Hédouville affirme voyager aux États-Unis depuis près de 30 ans et n’avoir jamais été en infraction avec les lois américaines. Il estime néanmoins que les neuf jours passés en détention lui ont permis de tirer plusieurs enseignements. Cette expérience, dit-il, l’a fait grandir « en humilité, en sagesse et en sensibilité », et a renforcé sa détermination à continuer à œuvrer dans le domaine des droits humains.
L’ancien Protecteur du citoyen affirme par ailleurs n’avoir « aucun problème avec le gouvernement », tout en soutenant avoir des adversaires cherchant à ternir sa réputation. Il met notamment en cause l’ancien directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Jacques Hans Ludwig Joseph, qu’il accuse d’avoir tenté de salir une réputation qu’il dit avoir bâtie pendant plus de 40 ans.
De retour en Haïti à la suite de cette mesure d’expulsion, Renan Hédouville entend reprendre ses activités professionnelles, notamment dans le domaine de l’enseignement et de l’encadrement des étudiants en présentiel. Il explique avoir voyagé pour des raisons de santé, tout en continuant à accompagner ses étudiants à distance durant son séjour à l’étranger.
Malgré son arrestation et sa déportation, l’ancien Protecteur du citoyen affirme conserver un moral élevé et se considère toujours comme « un serviteur de la nation ». « J’ai travaillé pendant plus de 40 ans dans la promotion et la protection des droits humains », rappelle-t-il, estimant que son passage en détention lui a aussi permis de vivre personnellement une situation qui touche directement aux droits humains. Pour Renan Hédouville, cette expérience constitue ainsi une nouvelle étape dans son engagement en faveur de la défense et de la promotion des droits humains.
Vant Bef Info (VBI)
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