Haiti: Quand le favoritisme remplace la compétence à l’INFP
La crise qui secoue l’Haïti contemporaine ne se limite ni à l’insécurité ni aux difficultés économiques. Elle touche également des institutions stratégiques censées préparer l’avenir du pays. Parmi elles, l’Institut national de formation professionnelle (INFP), dont la situation illustre les dérives d’un système politique souvent accusé de privilégier les intérêts particuliers au détriment du bien commun.

Port-au-Prince, le 3 Juin 2026.
Depuis plusieurs décennies, des voix s’élèvent pour dénoncer le manque d’attention accordé à la formation professionnelle. Pour de nombreux observateurs, dont Jean Marie Léveillé, le développement d’Haïti passe inévitablement par l’investissement dans sa jeunesse et dans l’acquisition de compétences techniques capables de soutenir la croissance économique. Pourtant, ce secteur demeure relégué au second plan.
Alors que le pays traverse une crise multidimensionnelle depuis plus de sept ans, les promesses de réforme peinent à se concrétiser. Les changements annoncés se succèdent sans véritable impact, alimentant un sentiment de stagnation au sein de la population.
Les critiques visent également la classe politique, accusée de reproduire les mêmes pratiques malgré l’aggravation de la situation nationale. Les accords politiques se multiplient, mais leurs retombées restent limitées sur le fonctionnement des institutions publiques. Dans ce contexte, l’intérêt collectif semble souvent céder la place aux calculs individuels et partisans.
L’INFP n’échappe pas à cette réalité. Depuis plusieurs années, le Syndicat des employés du Service national de la formation professionnelle (SESNFP) dénonce des dysfonctionnements internes, des pratiques jugées irrégulières ainsi qu’une dégradation progressive du système de formation professionnelle. Malgré ces alertes répétées, les critiques concernant la politisation de l’institution persistent.
Le récent changement à la tête de l’INFP n’a pas suffi à rassurer certains acteurs du secteur. Des interrogations demeurent quant à la capacité de la nouvelle direction à rompre avec les anciennes pratiques et à engager les réformes structurelles réclamées depuis longtemps.
Pour les observateurs les plus sévères, le problème dépasse largement le cadre de l’INFP. Il réside dans une culture politique qui favorise trop souvent les nominations de convenance au détriment de la compétence, de l’expérience et de la vision stratégique.
À l’approche des échéances électorales, plusieurs institutions publiques sont régulièrement soupçonnées de servir d’outils de positionnement politique. Une situation qui, selon les critiques, compromet toute possibilité de transformation durable de l’administration publique.
Les conséquences de ces pratiques seraient lourdes : affaiblissement des institutions, perte de confiance des citoyens, découragement des jeunes et détérioration de l’image du pays sur la scène internationale.
Comme le rappelle une citation souvent attribuée à Albert Einstein, « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Pour de nombreux Haïtiens, cette formule résume le cycle politique qui se répète depuis des années.
Au-delà d’une simple dénonciation, ce constat se veut un appel à la réflexion. Car derrière les controverses entourant l’INFP se dessine une question plus fondamentale : comment construire l’avenir d’un pays lorsque les institutions chargées de former sa jeunesse demeurent prisonnières des logiques politiques du présent ?
Pour certains, l’INFP n’est plus seulement une institution en difficulté. Il est devenu le symbole d’une gouvernance en crise, et le miroir d’une nation qui cherche encore la voie de son redressement.
Vant Bèf Info (VBI)
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