Haïti : les conditions ne sont pas encore réunies pour organiser des élections, affirme Evans Paul
L’ancien Premier ministre haïtien Evans Paul estime que les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles ne sont pas encore réunies en Haïti. Il a exprimé cette position le vendredi 31 juillet, à l’ouverture de la 22e édition du week-end scientifique de l’Université Américaine des Sciences Modernes d’Haïti (UNASMOH). Il appelle les autorités à rétablir la sécurité, à garantir la participation citoyenne et à clarifier le cadre institutionnel avant tout scrutin.

Evans Paul juge les conditions électorales insuffisantes
Port-au-Prince, le 1er août 2026. Selon Evans Paul, le contexte actuel ne permet pas l’organisation d’élections libres, inclusives et crédibles. Il estime qu’un processus électoral ne peut réussir sans une mobilisation nationale et des garanties réelles pour l’ensemble de la population.
L’ancien chef du gouvernement affirme que les élections ne doivent pas être organisées sous la seule pression de la communauté internationale. Il soutient que les autorités doivent d’abord créer les conditions favorables à un scrutin transparent et accepté par tous.
Il rappelle que plusieurs crises politiques en Haïti trouvent leur origine dans des élections mal préparées. À ses yeux, un scrutin organisé sans garanties suffisantes risquerait d’aggraver l’instabilité du pays.
La sécurité demeure un obstacle majeur
Evans Paul considère que l’insécurité constitue le principal frein à l’organisation des élections. Il estime qu’aucun scrutin crédible ne peut se tenir dans des zones contrôlées par des groupes armés.
« On ne peut pas organiser des élections dans des quartiers contrôlés par des bandits », déclare l’ancien Premier ministre.
Des interrogations sur le cadre constitutionnel
L’ancien Premier ministre soulève également des préoccupations concernant le cadre constitutionnel des prochaines élections. Il s’interroge sur la base juridique qui permettra aux futurs dirigeants d’exercer leur mandat.
Selon lui, la Constitution fixe les règles de fonctionnement des institutions de l’État. Cette question, estime-t-il, doit être clarifiée avant toute consultation électorale.
Un appel à des élections crédibles et inclusives
Evans Paul précise qu’il ne s’oppose pas à la tenue d’élections. Il plaide plutôt pour un processus capable de répondre durablement aux défis du pays.
Il invite le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) à prendre les dispositions nécessaires afin de garantir un scrutin crédible sur l’ensemble du territoire. Il insiste sur la nécessité d’éviter un processus qui exclurait une partie de la population.
Pour l’ancien Premier ministre, les élections demeurent un pilier de la démocratie. Elles doivent toutefois permettre à tous les citoyens de choisir librement leurs représentants.
Interrogé sur le rôle de la communauté internationale, Evans Paul affirme que les décisions relatives au processus électoral doivent être prises dans l’intérêt du peuple haïtien. Selon lui, les autorités nationales doivent assumer pleinement leurs responsabilités sans attendre de directives extérieures.
En conclusion, il appelle les dirigeants à réunir les conditions de sécurité, d’inclusion et de stabilité institutionnelle avant l’organisation des prochaines élections. À défaut, avertit-il, un scrutin mal préparé pourrait ouvrir la voie à une nouvelle crise politique.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
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