Haïti : le MSCH réclame une nouvelle approche de la transition et propose cinq mesures pour sortir de la crise
Le Mouvement de la Société civile haïtienne (MSCH) appelle à un changement de paradigme dans la gestion de la crise haïtienne. Dans un communiqué publié le 11 septembre 2026, l’organisation estime que les différentes transitions, les accords politiques et les mécanismes de dialogue n’ont pas produit les résultats attendus.

Port-au-Prince, 13 septembre 2026. Face à cette situation, le MSCH propose notamment une évaluation indépendante des mécanismes de transition, un nouveau cadre de dialogue national, une stratégie de sécurité renforcée et un processus électoral crédible.
Le MSCH demande une évaluation de la transition
Selon le mouvement, la crise haïtienne continue de s’aggraver malgré les différentes initiatives politiques engagées ces dernières années. Dès lors, le MSCH estime que les mécanismes de transition doivent faire l’objet d’une évaluation approfondie.
L’organisation considère, par ailleurs, que le pays ne peut pas multiplier les arrangements provisoires sans s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité.
Sur le plan sécuritaire, le MSCH constate également une extension de la présence et de l’influence des groupes armés, notamment dans la région de Port-au-Prince. Selon l’organisation, cette situation affecte directement la sécurité de la population, les activités économiques et les infrastructures essentielles.
Le mouvement demande aussi une évaluation de la réponse sécuritaire internationale. Il évoque notamment les difficultés de la Mission multinationale d’appui à la sécurité en matière de financement, d’effectifs, d’équipements et de déploiement.
Dans ce contexte, le MSCH réclame un renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H). Il souhaite toutefois que ce renforcement s’inscrive dans le cadre d’une véritable politique nationale de sécurité.
Le MSCH veut un dialogue politique plus inclusif
Le MSCH réaffirme son attachement au dialogue national. Cependant, l’organisation estime qu’un dialogue qui ne permet pas d’obtenir des avancées en matière de sécurité, de stabilité institutionnelle et de conditions de vie doit être repensé.
Ainsi, le mouvement propose de passer d’une logique de partage du pouvoir à une logique axée sur la reconstruction de l’État et la défense de l’intérêt national.
Le MSCH souhaite également élargir la participation au dialogue. Il cite notamment la société civile, le secteur privé, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales, les organisations de femmes et de jeunes, les universités, les organisations paysannes et la diaspora.
Selon le mouvement, cette approche permettrait de mieux identifier les causes de la crise et de rechercher un consensus national.
Cinq propositions pour une nouvelle transition
Pour modifier la gestion de la crise, le MSCH présente cinq principales propositions.
- Évaluer les mécanismes de transition
La première proposition porte sur une évaluation indépendante des mécanismes de transition. Le mouvement souhaite notamment examiner les objectifs fixés, les résultats obtenus, les ressources mobilisées et les responsabilités engagées depuis 2021.
- Repenser le dialogue national
La deuxième proposition concerne le dialogue national. Le MSCH préconise un mécanisme plus inclusif et plus transparent, mais également davantage orienté vers des résultats concrets.
- Faire de la sécurité une priorité
La troisième proposition porte sur la sécurité. Pour le MSCH, celle-ci doit devenir une condition préalable à toute transition politique.
L’organisation propose notamment une stratégie associant la PNH, les FAd’H et les partenaires internationaux. Elle souhaite accorder une attention particulière au renseignement, au contrôle des frontières, à la lutte contre le trafic d’armes et au démantèlement des réseaux criminels.
- Préparer des élections crédibles
La quatrième proposition concerne les élections. Le MSCH estime que le retour à la légitimité démocratique doit rester un objectif central.
Dans cette perspective, l’organisation réclame un processus électoral transparent, inclusif, accessible, crédible et sécurisé.
- S’attaquer aux causes structurelles de la crise
Enfin, la cinquième proposition porte sur les causes structurelles de la crise. Ce mouvement appelle à agir contre l’impunité, la corruption, le financement des groupes armés, le trafic d’armes, la faiblesse de la justice, la pauvreté, l’exclusion sociale et le chômage des jeunes.
Le MSCH appelle à une responsabilité collective
Il reconnaît les efforts réalisés par les acteurs haïtiens et internationaux. Toutefois, il estime que la gravité de la situation impose désormais une analyse sans complaisance.
À cet effet, le MSCH invite la CARICOM, les Nations unies, les partenaires internationaux, les autorités haïtiennes, les organisations politiques et les différents secteurs de la société à réexaminer l’efficacité des mécanismes actuels.
Pour le mouvement, Haïti ne peut plus se contenter d’une nouvelle transition sans changement de méthode. Il préconise plutôt une approche capable de renforcer l’État, d’améliorer la sécurité, de garantir les services essentiels et de préparer des élections crédibles.
Le MSCH estime enfin que la population haïtienne ne peut plus attendre. Selon l’organisation, les prochaines décisions doivent donc produire des résultats concrets, mesurables et durables.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
