Cartographie des gangs dans l’Artibonite : une région prise en otage
La situation sécuritaire dans l’Artibonite se dégrade dangereusement, les gangs armés consolidant leur mainmise sur des zones stratégiques du département. Selon Bertide Horace, porte-parole de la Commission de dialogue, de réconciliation et de conscientisation pour sauver l’Artibonite, la population se retrouve livrée à elle-même, sous la coupe de groupes criminels toujours plus puissants.

Port-au-Prince, 16 septembre 2025 –
Invitée ce mardi sur les ondes de Magik 9, Mme Horace a dressé une carte inquiétante de l’occupation armée. Le gang Gran Grif contrôle désormais Montrouis et Saint-Marc, après avoir pris possession du commissariat de Liancourt. Une situation qui transforme Saint-Marc en une ville « prise en sandwich », selon ses propos.
De son côté, le gang Viv Ansanm s’est installé à La Chapelle, verrouillant ainsi un point de passage essentiel entre l’Artibonite et le Plateau Central. Petite-Rivière de l’Artibonite est également tombée sous la coupe de Gran Grif, tandis que Dessalines se retrouve encerclée entre ce dernier et Kokorat san ras, actif à L’Estère. Le gang 5 Étoiles est aussi signalé dans la deuxième section communale de Dessalines.
À Liancourt, Gran Grif aurait établi une base depuis environ deux mois. Malgré la présence policière, les attaques répétées du groupe ont provoqué des déplacements massifs de population, fuyant assassinats, enlèvements et menaces quotidiennes.
« La police est restée sur la défensive. Elle n’a jamais mené d’opérations dans la basse plaine de l’Artibonite », regrette Mme Horace, rappelant que ce sont les bandits qui dictent l’offensive.
Concernant les rumeurs d’une reprise de contrôle policier à Liancourt, la porte-parole s’est montrée prudente. Elle dit ne pas pouvoir confirmer les informations faisant état de sept bandits abattus par les forces de l’ordre. Deux blessés auraient néanmoins été recensés, dont un surnommé Chalako, mais il pourrait s’agir, selon elle, d’une opération de propagande.
Dans son analyse, Mme Horace dénonce surtout un manque de volonté politique :
« Il n’existe pas de réelle stratégie pour s’attaquer aux causes profondes de cette insécurité. Les actions menées sont sporadiques, réactives et souvent inefficaces. »
Face à une population terrorisée et un État absent, la Commission pour sauver l’Artibonite appelle à une prise de conscience nationale et à une coordination urgente entre autorités, société civile et communauté internationale.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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