Haïti à la 114e Conférence internationale du Travail : entre engagements internationaux et crise de l’emploi
Le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc Elie Nelson, participe à la 114e Conférence internationale du Travail de l’OIT à Genève. En Haïti, la situation de l’emploi reste marquée par une forte précarité et une économie largement informelle.

Genève, 3 juin 2026. — La 114e Conférence internationale du Travail se déroule du 2 au 13 juin 2026. Elle réunit gouvernements, employeurs, syndicats et institutions sociales autour des enjeux du travail décent et de la protection sociale.
Haïti est représentée par le ministre Marc Elie Nelson et la directrice générale de l’Office national d’assurance vieillesse (ONA), Lovely François.

Un marché du travail fragilisé en Haïti
Les indicateurs économiques restent préoccupants. Selon la Banque mondiale et l’OIT, le chômage en Haïti est estimé à environ 15 % en 2025. Le chômage des jeunes dépasse 37 %.
Mais la réalité est plus large. Près de 91 % des travailleurs évoluent dans l’économie informelle. Ils ne disposent ni de protection sociale, ni de sécurité d’emploi, ni de couverture retraite effective.
Une économie sous pression
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs. Faibles investissements, instabilité politique et insécurité persistante freinent la création d’emplois.
Plusieurs entreprises ont fermé ou réduit leurs activités. Certaines zones économiques restent paralysées par la violence des groupes armés.
Le rôle limité des organisations internationales
L’OIT accompagne Haïti à travers des programmes de formation et de promotion du travail décent. Mais les résultats restent limités face à l’ampleur des besoins.
Pour de nombreux observateurs, le travail décent demeure un objectif encore éloigné pour la majorité des travailleurs haïtiens.
Une responsabilité nationale
L’OIT ne peut remplacer l’État haïtien dans la création d’emplois. Les solutions reposent sur les politiques publiques, la stabilité institutionnelle et les investissements productifs.
Entre Genève et la réalité haïtienne
À Genève, Haïti participe aux discussions sur l’avenir du travail. Mais sur le terrain, l’urgence reste la même : créer des emplois, protéger les travailleurs et offrir des perspectives à une jeunesse confrontée à un marché du travail limité.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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