Vols domestiques : de l’aérogare aux appareils, les passagers dénoncent une expérience indigne de 2026
La grogne monte parmi les usagers des vols domestiques en Haïti. Ce mercredi matin encore, plusieurs passagers présents à l’aérogare Guy Malary ont exprimé leur mécontentement face à des conditions d’accueil qu’ils jugent inadaptées aux exigences du transport aérien moderne.

Port-au-Prince, 24 juin 2026.- Dès leur arrivée dans l’enceinte de l’aérogare, les voyageurs sont confrontés à une réalité qui contraste avec les standards habituellement associés à un aéroport. Dans une petite salle d’attente surchauffée, dépourvue de climatisation, deux imposants ventilateurs métalliques tentent difficilement de soulager les passagers de la chaleur étouffante. « Nous sommes en 2026. On ne demande pas le luxe, mais un minimum de confort et d’organisation », lance un voyageur en partance pour le Cap-Haïtien.
Au-delà de la chaleur, les critiques portent également sur l’absence d’équipements de base. Aucun écran d’information, aucun panneau d’orientation moderne, aucun système efficace de communication permettant aux passagers de suivre les annonces relatives aux vols. Selon plusieurs usagers, tout semble fonctionner de manière artisanale. « Un aéroport reste un aéroport, même pour les vols locaux. Il faut un minimum de services », déplore une passagère rencontrée sur place.
Hormis quelques personnes proposant leur assistance pour les bagages, parfois avec une insistance jugée excessive par certains voyageurs, les passagers estiment être livrés à eux-mêmes du début à la fin du processus. Mais, les critiques ne s’arrêtent pas à l’infrastructure. Les appareils utilisés pour certaines liaisons domestiques sont également pointés du doigt. Plusieurs voyageurs dénoncent l’utilisation de petits avions bimoteurs qu’ils jugent trop exigus pour le niveau de prix pratiqué. « On paie parfois entre 300 et 600 dollars américains pour un billet, et on voyage dans des conditions qui donnent l’impression de remonter plusieurs décennies en arrière », s’indigne un citoyen qui se rend aux Etats-Unis.
La chaleur à bord, le manque d’espace et l’inconfort général figurent parmi les principales plaintes recueillies. D’autres usagers évoquent également des retards, des difficultés liées aux bagages ou encore des situations où des voyageurs ratent leur vol pour des raisons qu’ils estiment mineures.
Face à cette situation, certains citoyens appellent à une forme de mobilisation des consommateurs. Selon eux, une baisse temporaire de la demande pourrait contraindre les compagnies aériennes à améliorer leurs prestations. D’autres estiment toutefois que le problème est plus profond et résulte d’un manque de concurrence sur le marché du transport aérien domestique. « Tant qu’il n’y aura pas une véritable concurrence, les usagers auront peu de moyens de faire pression », analyse un voyageur.
Pour l’instant, les perspectives de changement paraissent limitées. Avec l’insécurité persistante et la difficulté de circuler sur plusieurs axes routiers du pays, l’avion demeure souvent la seule option viable pour relier certaines grandes villes. Une dépendance qui réduit considérablement la marge de manœuvre des voyageurs et risque de prolonger leur frustration encore longtemps.
Vant Bef Info (VBI)
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