Violence armée : la CNDDR veut prévenir l’enrôlement des enfants et adolescents
La Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) a organisé, mardi 26 mai 2026, une journée de réflexion sur la prévention et la réinsertion des enfants et jeunes vulnérables, exposés au risque d’enrôlement dans les groupes armés.

Port-au-Prince, le 27 mai 2026. Placée sous le haut patronage de la Primature, cette rencontre a réuni des représentants du gouvernement de transition, des partenaires internationaux et plusieurs organisations engagées dans la protection de l’enfance et la réinsertion sociale.

À travers cette initiative, la CNDDR entend sensibiliser les autorités et les acteurs concernés sur la situation des mineurs impliqués ou menacés par les groupes armés, dont l’influence continue de s’étendre dans plusieurs régions du pays.
Les discussions ont porté sur les mécanismes de prévention de l’enrôlement des jeunes ainsi que sur les dispositifs d’accompagnement destinés aux enfants et adolescents souhaitant quitter les milieux violents.
Intervenant lors de cette journée, la coordonnatrice de la CNDDR, Guerda Prévilon, a affirmé que la prévention et la réinsertion constituent les priorités de son mandat. Elle a indiqué que plusieurs études menées par des institutions nationales et internationales révèlent une forte présence d’enfants et de jeunes issus de milieux précaires au sein des groupes armés.
La CNDDR estime également que la baisse du taux de scolarisation, notamment entre le primaire et les cycles fondamental et secondaire, accentue la vulnérabilité des jeunes. L’insécurité, les difficultés économiques et le manque d’encadrement social exposeraient davantage les adolescents aux réseaux criminels.
Les participants ont aussi abordé les causes sociales et économiques favorisant l’implication des mineurs dans les groupes armés, le rôle des familles et des institutions publiques, ainsi que l’importance du sport, de la culture et de la formation professionnelle dans le processus de réintégration.
Des ateliers de travail ont permis d’évaluer les dispositifs existants et de formuler plusieurs recommandations en matière de prévention, de prise en charge psychosociale et d’intégration communautaire des jeunes démobilisés.
À l’issue de cette journée, la CNDDR a annoncé la création prochaine d’une sous-commission spécialisée dans la prévention et la réinsertion. Cette structure viendra compléter les sous-commissions sur le désarmement et le démantèlement mises en place au début du mois de mai.
Créée par décret ministériel en février dernier, la CNDDR affirme vouloir développer des actions durables en faveur des enfants et jeunes affectés par la violence armée. Plusieurs centres d’éducation non formelle et des centres de transit devraient prochainement être mis en service afin d’offrir un accompagnement social, psychologique, éducatif et professionnel aux enfants associés aux groupes armés.
Face à la dégradation du climat sécuritaire et à l’augmentation du nombre de jeunes exposés aux réseaux criminels, les autorités et les organisations partenaires considèrent désormais la prévention et la réinsertion comme des leviers essentiels pour freiner le recrutement des mineurs et favoriser une sortie durable de la violence en Haïti.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
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