Un an après Mirebalais et Saut-d’Eau : l’urgence humanitaire s’installe, l’État interpellé

À l’approche du premier anniversaire de l’invasion des communes de Mirebalais et de Saut-d’Eau par des groupes armés, le collectif Défenseurs Plus dresse un constat sévère et appelle les autorités à rompre avec ce qu’il qualifie d’inaction prolongée. Un an après les faits, la situation sécuritaire et humanitaire demeure, selon l’organisation, largement inchangée.

Port-au-Prince, 30 mars 2026.- Depuis les premières incursions armées, les deux communes restent sous l’emprise de groupes criminels. Des milliers de familles ont été contraintes de fuir précipitamment leurs habitations, abandonnant biens et repères. Beaucoup survivent encore dans des abris précaires, sans accès régulier à l’eau potable, aux soins de santé ni à l’éducation.

Dans sa note, Défenseurs Plus décrit une détérioration progressive des conditions de vie des personnes déplacées. « Un an plus tard, la population s’enfonce dans le désespoir », souligne l’organisation, pointant l’absence de réponses durables malgré les annonces officielles.

Une interpellation directe de l’État

Au-delà du constat humanitaire, le collectif met en cause la capacité de l’État à assumer ses responsabilités régaliennes. Il dénonce l’absence de résultats tangibles sur le terrain, en dépit des ressources annoncées dans la lutte contre l’insécurité. Pour l’organisation, cette situation traduit une défaillance structurelle dans la protection des citoyens et de leurs biens.

Rappelant que la sécurité constitue une obligation fondamentale, Défenseurs Plus estime que l’inaction prolongée porte atteinte aux droits humains les plus essentiels, notamment le droit à la vie, à la dignité et à la sécurité.

Des exigences pour sortir de l’impasse

Face à cette crise qui s’installe dans la durée, le collectif formule plusieurs exigences : la reprise effective du contrôle des zones concernées, l’assistance humanitaire renforcée en faveur des déplacés, la transparence dans l’utilisation des fonds publics dédiés à la sécurité, ainsi que la mise en place de conditions permettant un retour sécurisé des populations.

En filigrane, l’organisation appelle à un changement d’approche, fondé sur des actions concrètes et mesurables. Elle exhorte les autorités à agir sans délai afin d’éviter que Mirebalais et Saut-d’Eau ne basculent durablement dans l’oubli institutionnel.

Avec la persistance du phénomène de l’insécurité et le déplacement massif de populations, cette prise de position ravive le débat sur la capacité de l’État à répondre aux urgences territoriales. Elle remet, une fois de plus, au centre des préoccupations la question de la protection effective des citoyens, au-delà des annonces et des engagements formels.

Wandy Charles
Vant Bef Info (VBI)


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