Sécurité : le Tchad prévoit de déployer 750 hommes pour appuyer la lutte contre les gangs

Le Tchad envisage de déployer 750 policiers et gendarmes en Haïti afin de renforcer les opérations contre les groupes armés, selon des informations rapportées par Radio France Internationale (RFI) mardi. Ce contingent doit intégrer la Force de répression des gangs (FRG), mise en place avec l’appui de la communauté internationale.

Port-au-Prince, 25 mars 2026. —D’après les informations disponibles, un premier groupe de 50 spécialistes du génie militaire devrait être envoyé d’ici la fin du mois de mars pour installer une base d’opérations. Il serait suivi par 350 militaires en avril, puis du reste du contingent en juin. L’opération est coordonnée par la Cellule de coordination des opérations extérieures (Cecopex), rattachée au ministère tchadien des Armées, chargée de préparer les troupes aux interventions en milieu urbain.

Ce déploiement intervient dans un contexte sécuritaire critique, notamment à Port-au-Prince, à Mirebalais et dans l’Artibonite, où des gangs armés contrôlent une grande partie du territoire. Les violences, incluant meurtres, enlèvements et pillages, dépassent les capacités actuelles de la Police nationale d’Haïti.

La FRG, autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU fin 2025, doit remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), initialement dirigée par le Kenya. Cette dernière avait été freinée par des retards logistiques et un financement insuffisant, malgré le déploiement progressif de contingents étrangers. La nouvelle force ambitionne de mener des opérations offensives et pourrait atteindre environ 5 500 membres.

L’expérience de la MMAS, lancée par la résolution 2699 de 2023, est largement perçue comme mitigée. Le financement estimé à 600 millions de dollars par an n’a pas été pleinement mobilisé, limitant l’efficacité des opérations. Le départ récent de policiers kenyans illustre ces difficultés et renforce la nécessité d’une coordination internationale plus structurée.

Parallèlement, les autorités haïtiennes ont sollicité l’appui de la société américaine Vectus Global, fondée par Erik Prince, pour renforcer les capacités opérationnelles, notamment via l’utilisation de drones et d’équipements spécialisés.

Sur le plan humanitaire, la situation demeure préoccupante. Un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié le 23 mars 2026 fait état de plus de 3 300 morts entre mars 2025 et janvier 2026, ainsi que d’une aggravation des violences sexuelles et de l’insécurité alimentaire touchant plus de 5,7 millions de personnes.

Malgré les déclarations officielles évoquant des avancées dans la lutte contre les gangs, les témoignages de la population traduisent une insécurité persistante. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants continuent de vivre dans la peur, soulignant l’écart entre les résultats annoncés et la réalité sur le terrain.

Dans ce contexte, l’arrivée annoncée de forces tchadiennes suscite à la fois des attentes et des interrogations quant à la capacité des partenaires internationaux à rétablir durablement la sécurité dans le pays.

Sarah Germain
Vant Bèf Info (VBI)


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