Saison cyclonique : un rendez-vous annuel que le pays ne peut plus prendre à la légère

La saison cyclonique dans le bassin de l’Atlantique s’ouvre officiellement ce 1er juin et prendra fin le 30 novembre prochain. Pendant ces six mois, Haïti demeure exposée aux tempêtes tropicales, aux ouragans, aux inondations et aux glissements de terrain qui accompagnent souvent ces phénomènes météorologiques. Pour un pays déjà fragilisé par les crises socioéconomiques, environnementales et sécuritaires, cette période représente un défi supplémentaire nécessitant vigilance et préparation.

Port-au-Prince, le 1er juin 2026. Située au cœur de la Caraïbe, Haïti figure parmi les nations les plus vulnérables aux aléas climatiques.

La déforestation accélérée, l’occupation anarchique des zones à risque, l’insuffisance des infrastructures de drainage et la précarité de nombreux logements amplifient les conséquences des intempéries sur les populations.

Des cyclones qui ont marqué l’histoire nationale

L’histoire du pays porte les cicatrices de plusieurs catastrophes cycloniques dont les effets continuent d’alimenter la mémoire collective.

En 1963, le cyclone Flora avait provoqué d’importantes inondations et causé de lourdes pertes humaines et matérielles dans plusieurs régions du pays.

En septembre 2004, la tempête tropicale Jeanne a particulièrement frappé la ville des Gonaïves. Les pluies diluviennes et les crues soudaines ont fait plusieurs milliers de victimes, laissant derrière elles un paysage de désolation et de profondes souffrances humaines.

Quatre ans plus tard, en 2008, les tempêtes Fay, Gustav, Hanna et l’ouragan Ike se sont succédées en l’espace de quelques semaines. Cette série de phénomènes météorologiques a entraîné des dégâts considérables sur les infrastructures routières, les terres agricoles et les habitations, aggravant l’insécurité alimentaire dans plusieurs départements.

L’un des épisodes les plus marquants demeure toutefois le passage de l’ouragan Matthew en octobre 2016.

Classé en catégorie 4, ce puissant cyclone a dévasté principalement la Grand’Anse, le Sud et les Nippes. Des centaines de personnes ont perdu la vie, tandis que des milliers de familles se sont retrouvées sans abri, confrontées à une catastrophe humanitaire majeure.

Se préparer pour mieux se protéger

Chaque citoyen est appelé à adopter des comportements responsables afin de réduire les risques pour lui-même et pour sa communauté.

Parmi les précautions recommandées figurent :
Le suivi régulier des bulletins météorologiques et des avis émis par les autorités compétentes, la préparation d’une trousse d’urgence contenant de l’eau potable, des aliments non périssables, des médicaments essentiels, une radio à piles, une lampe de poche et des documents importants, l’identification préalable des abris d’évacuation les plus proches, e nettoyage des canaux, ravines et systèmes de drainage autour des habitations, la consolidation des toitures et des structures vulnérables’évacuation rapide des zones à risque lorsque les autorités en donnent la consigne, la sensibilisation des membres de la famille, notamment les enfants et les personnes âgées, aux mesures de sécurité à respecter en cas d’urgence.

Au-delà des gestes individuels, la solidarité communautaire demeure un élément essentiel pour faire face aux catastrophes naturelles et protéger les populations les plus vulnérables.

Une responsabilité qui incombe aussi aux pouvoirs publics

À l’heure où débute cette nouvelle saison cyclonique, les leçons du passé rappellent que les catastrophes naturelles ne deviennent des tragédies humaines que lorsque la prévention et l’anticipation font défaut.

Si les citoyens ont un rôle fondamental à jouer dans leur propre protection, les autorités nationales et locales doivent également assumer pleinement leurs responsabilités.

Le curage systématique des canaux et des ravines, l’entretien des infrastructures de drainage, le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’aménagement d’abris sécurisés, l’application rigoureuse des normes de construction ainsi que la protection de l’environnement à travers des programmes de reboisement ne peuvent plus être reportés.

Chaque année, les cyclones reviennent avec leur lot de menaces. La véritable question n’est plus de savoir si Haïti sera touchée, mais dans quelle mesure le pays sera préparé à y faire face. La saison cyclonique est un rendez-vous annuel que la nation ne peut plus se permettre de prendre à la légère.

Came Stefada Poulard

Vant Bèf Info (VBI)


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