Réajustement salarial en Haïti : Me Price Cyprien (CSS) plaide pour un équilibre entre pouvoir d’achat et survie des entreprises
Me Price Cyprien, vice-président du Conseil Supérieur des Salaires (CSS), presse l’Exécutif d’ajuster le salaire minimum face à l’inflation galopante et la hausse des prix du carburant. Intervenant à l’émission « Salon des Invités » sur Vant Bèf Info, il a souligné que le CSS a transmis ses recommandations techniques, rendant une intervention gouvernementale urgente pour maintenir la paix sociale

L’émission « Salon des invités » de ce vendredi a reçu Me Price Cyprien, vice-président du Conseil Supérieur des Salaires (CSS) et représentant du secteur patronal. Dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et une pression sociale croissante, Me Cyprien a apporté des éclaircissements cruciaux sur le dossier brûlant du réajustement du salaire minimum, qualifié de véritable « impératif » pour la stabilité nationale.
Entre rapports techniques et réalité économique
Au cours de l’entretien, le représentant du patronat a fait une révélation de taille sur l’état d’avancement des travaux du Conseil, il a précisé que le CSS a déjà produit et soumis son huitième rapport aux autorités compétentes et qu’il s’attèle désormais à la finalisation du neuvième. Toutefois, Me Cyprien a fait preuve d’un réalisme frappant en reconnaissant que le contenu du 8ème rapport est aujourd’hui « pratiquement dépassé ». Cette obsolescence précoce est la conséquence directe de la récente hausse des prix du carburant, un choc pétrolier qui a bouleversé les indicateurs économiques sur lesquels se basaient les recommandations initiales du Conseil.
Un réajustement devenu inévitable
Depuis plusieurs semaines, une vague de contestation secoue les secteurs du textile, de la sous-traitance et de la sécurité, où les ouvriers réclament un salaire journalier de 3 000 gourdes. Malgré les appels au calme du Conseil Supérieur des Salaires (CSS), une grève de trois jours a été massivement suivie dans les parcs industriels de la SONAPI et de la CODEVI. Me Price Cyprien a reconnu que la situation économique des travailleurs est alarmante.
La flambée des prix des produits de première nécessité a érodé le pouvoir d’achat de la population. Pour le vice-président du CSS, le réajustement salarial n’est plus une simple option, mais une nécessité pour garantir un minimum de dignité aux ouvriers, particulièrement dans le secteur de la sous-traitance textile.
Les défis du secteur patronal
Tout en reconnaissant l’urgence sociale, le représentant du patronat a souligné les fragilités du secteur privé. Me Cyprien a rappelé que l’économie haïtienne a traversé des zones de turbulences avec une croissance négative ces dernières années. Selon lui, toute augmentation doit être « proportionnée et réfléchie » pour éviter :
Des fermetures massives d’usines face à la concurrence régionale.
Une accélération de l’inflation qui annulerait les bénéfices de la hausse salariale.
Des pertes d’emplois dans un secteur déjà fragilisé par l’insécurité.
L’expertise haïtienne à l’honneur aux Etats Unis d’Amérique
Parallèlement à ses responsabilités au CSS, le professeur Price Cyprien a partagé une nouvelle majeure concernant sa carrière académique. Fort d’une expérience de près de 30 ans dans l’enseignement du Droit pénal spécial au sein de l’Université d’État d’Haïti (UEH), il a annoncé avoir conclu une entente avec une université de l’État de Floride, aux États-Unis. En vertu de cet accord, le spécialiste haïtien sera désormais associé aux activités de cette institution américaine. Cette collaboration internationale, qui permettra à l’université floridienne de bénéficier de l’expertise de Me Cyprien, est perçue comme un signal positif pour le pays, prouvant que le savoir-faire académique haïtien continue de rayonner au-delà des frontières malgré la crise.
Sécurité et climat des affaires : les préalables
Me Cyprien a conclu son intervention en liant la question des salaires à celle de la sécurité nationale. Il a soutenu qu’aucun réajustement ne porterait ses fruits tant que la circulation des biens et des personnes restera entravée par l’insécurité. Pour lui, l’État doit impérativement stabiliser le climat social pour permettre aux entreprises de respirer et de mieux rémunérer leurs employés.
Anilus Aniel
Vant Bèf Info
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