Que manque-t-il au Haut État Major de la PNH pour combler l’attente d’une population en quête d’espoir
Nommé dans un contexte de crise aiguë, André Jonas Vladimir Paraison avait suscité de fortes attentes. Huit mois plus tard, malgré des moyens matériels importants, dont des chars blindés et des équipements lourds, la Police Nationale d’Haïti ne parvient pas à inverser la tendance. L’institution ne souffre pas, pour l’heure, d’un manque d’effectif. Pourtant, l’insécurité persiste et les critiques s’intensifient, renforçant le sentiment d’un décalage entre promesses et résultats.

Port-au-Prince, le 8 avril 2026.-
Installé le 8 août 2025, Vladimir Paraison hérite d’une institution fragilisée par la montée des gangs. Sa nomination avait suscité l’espoir d’un redressement rapide. À cette période, environ 85 % de Port-au-Prince était sous contrôle de groupes armés, selon l’OIM. La mission était claire, reprendre le contrôle du territoire et restaurer la confiance. Dès son installation, il avait insisté sur l’urgence d’agir. Cependant, les premiers mois ont révélé une réalité plus complexe que prévu.
Des résultats opérationnels limités malgré les moyens
Lors de ses 100 premiers jours, le chef de la police avance des opérations et des saisies. Toutefois, ces actions restent insuffisantes face à l’ampleur de la crise. Les gangs continuent d’occuper plusieurs zones stratégiques.
Malgré la disponibilité de chars blindés, de véhicules lourds et de ressources financières, les résultats tardent. Certaines offensives annoncées ne produisent pas d’effets visibles sur le terrain.
Depuis la révocation de Jacques Ader à la tête de la Direction Départementale de l’Ouest (DDO), les opérations de traque ont ralenti. Les interventions qui ont suivi n’ont pas permis de stabiliser la situation. Plusieurs quartiers restent sous menace directe des groupes armés. D’un autre côté, les activités économiques et la circulation sont fortement perturbées. Cette situation alimente le sentiment d’impuissance de l’État face à la violence. Elle traduit aussi les limites opérationnelles de l’institution.
Toujours au profit de la PNH, une promotion de policiers a été formée à la guerre urbaine. Issue du programme P4000+, elle vise à adapter la PNH aux réalités du terrain. Cependant, les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous. En face, les gangs disposent de ressources importantes, issues des enlèvements. Malgré l’usage de drones et des outils technologiques, aucune figure majeure n’a été neutralisé. Huit mois après, la population attend toujours des changements concrets. Environ 1,5 million de déplacés internes espèrent un retour sécurisé dans leurs quartiers.
Une institution sous pression et des attentes toujours fortes
Au-delà de la direction actuelle, la PNH reste confrontée à des faiblesses structurelles. Le contraste entre les moyens disponibles et les résultats renforce les interrogations. Il y a quelques jours, le Directeur a invité les journalistes, lors d’une émission, à constater la réalité du terrain. Une démarche perçue comme une tentative de justification face aux critiques.
Entre-temps, l’action Gouvernementale est peu visible. Ce, malgré le fait que les échéances électorales sont au programme du Gouvernement. Plus d’un se demande aux hommes et femmes composant le Haut Etat major de la PNH, que manque-t-il encore pour reprendre le contrôle de zones comme Martissant, Kenscoff ou l’Artibonite ?
Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)
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