L’ORDEDH alerte sur les nominations aux pôles judiciaires spécialisés

L’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) exprime de vives inquiétudes autour des récentes désignations de magistrats et de substituts au sein des nouveaux Pôles Judiciaires Spécialisés. Dans un communiqué publié le 27 mai 2026, l’organisation estime que ces structures risquent de perdre leur crédibilité dès leur mise en place.

Port-au-Prince, le 27 mai 2026.- L’ORDEDH rappelle que ces pôles ont été créés pour renforcer la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et le crime organisé en Haïti. L’organisation affirme toutefois que certaines nominations traduisent un « recyclage de l’impunité » au sein du système judiciaire.

Dans son communiqué, l’organisation reconnaît néanmoins certains profils jugés crédibles. Elle cite notamment Me Chavanne Étienne pour sa rigueur professionnelle, ainsi que l’ancien commissaire du gouvernement Paul Éronce Villard pour certaines actions menées au parquet de Port-au-Prince.

En revanche, l’ORDEDH critique plusieurs autres magistrats désignés. L’organisation met en cause Me Ocnam Clame Dameus, ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince. Elle évoque notamment sa gestion du dossier PetroCaribe en 2018 et des décisions jugées controversées.

Le communiqué vise également Me Loubens Élysée et Me Marthel Jean Claude. L’ORDEDH les accuse d’entretenir des relations étroites avec l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC). Selon l’organisation, certains dossiers judiciaires seraient traités dans une logique politique plutôt que dans un esprit d’impartialité.

Le doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Bernard Saint-Vil, fait aussi l’objet de critiques. L’ORDEDH reconnaît ses compétences techniques, mais estime que son intégration dans ces structures contredit les objectifs des réformes judiciaires engagées depuis 2025.

L’organisation affirme également que plusieurs magistrats concernés présenteraient un taux élevé d’irrégularités dans leurs décisions judiciaires. Elle avance que 81 % des ordonnances attribuées à Me Marthel Jean Claude et 89 % de celles de Me Loubens Élysée comporteraient des vices de forme ou de fond.

En conclusion, l’ORDEDH appelle le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) à revoir ces désignations. L’organisation demande aux autorités judiciaires de privilégier la compétence, l’intégrité et le mérite afin de restaurer la confiance dans la justice haïtienne.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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