L’ONU reconnaît la traite négrière comme le crime le plus grave contre l’humanité

L’histoire vient de basculer d’un cran. L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé, ce mercredi, la traite transatlantique des Africains comme le crime le plus grave contre l’humanité. Une décision lourde de sens, arrachée sous l’impulsion du Ghana, et adoptée par 123 voix, malgré trois oppositions (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont celles du Royaume-Uni, de la France et de plusieurs pays européens.

New York, 26 mars 2026.- Derrière les applaudissements, c’est une vérité longtemps esquivée qui s’impose enfin avec force : des millions de vies brisées, des continents saignés, une mémoire encore vive.

Ce vote ne se limite pas à un symbole. Il ouvre un champ politique sensible : celui des excuses officielles, des réparations et de la justice historique. Le Ghana l’assume clairement, il ne s’agit plus seulement de reconnaître, mais d’agir. Car la fracture est toujours là. Dans les inégalités globales. Dans les trajectoires économiques brisées. Dans les sociétés encore marquées par l’héritage de l’esclavage.

Haïti, au cœur de l’histoire… et du débat

Impossible, dans ce moment, d’ignorer Haïti. Première nation, republique noire libre, née de la seule révolution d’esclaves victorieuse de l’histoire en 1804, le pays incarne à lui seul la rupture avec l’ordre esclavagiste.

Mais il en porte aussi le prix. La dette imposée par la France au XIXe siècle, exigée en échange de la reconnaissance de son indépendance, reste l’un des exemples les plus criants d’injustice historique. Une anomalie : celle d’un peuple contraint de payer pour sa liberté.

Aujourd’hui, cette résolution de l’ONU pourrait raviver ce dossier. Et repositionner Haïti dans le débat mondial sur les réparations, non plus comme un cas isolé, mais comme une pièce centrale d’une histoire globale encore inachevée.

Entre mémoire et revendication, le temps du silence semble s’effriter. Et avec lui, peut-être, celui de l’impunité historique.

Wandy CHARLES,

Vant Bef Info (VBI)


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