Loi électorale de Trump : pourquoi les femmes et les personnes transgenres pourraient être les plus pénalisées

Le projet de loi électoral soutenu par Donald Trump suscite une vive inquiétude aux États-Unis.Déjà adopté par la Chambre des représentants, le texte est désormais examiné au Sénat. Son objectif affiché est de renforcer le contrôle de la citoyenneté américaine lors de l’inscription sur les listes électorales.

Concrètement, les électeurs devraient présenter un certificat de naissance ou un passeport pour s’inscrire. Le jour du vote, ils devraient également montrer une pièce d’identité valide.

Mais pour plusieurs experts, cette réforme pourrait compliquer l’accès aux urnes pour des millions d’Américains.

Les femmes mariées en première ligne

Selon Rick Hasen, professeur de droit électoral à l’Université de Californie à Los Angeles, les personnes les plus touchées seraient :

les femmes mariées ;

les personnes transgenres ;

les citoyens à faibles revenus.

Le principal problème concerne les documents officiels.

De nombreuses femmes mariées utilisent un nom de famille différent de celui figurant sur leur certificat de naissance. Cette différence pourrait entraîner des difficultés lors de l’inscription ou au moment de voter.

Or, ce risque est politiquement sensible. Historiquement, les hommes votent davantage pour le Parti républicain que les femmes. Une baisse de la participation féminine pourrait donc avoir un impact électoral important.

Les personnes transgenres également concernées

Les personnes transgenres pourraient aussi être confrontées à des obstacles supplémentaires.

Dans de nombreux cas, leur identité actuelle ne correspond pas toujours aux informations présentes sur leurs anciens documents administratifs. Cela pourrait provoquer des contestations au moment de l’inscription électorale.

Pour les défenseurs des droits civiques, cette mesure risque de créer une discrimination indirecte envers certains groupes déjà vulnérables.

Les électeurs modestes face à un coût supplémentaire

Les Américains les plus pauvres pourraient eux aussi être pénalisés.

Tous ne possèdent pas de passeport. Beaucoup n’ont pas les moyens de financer ce document, souvent jugé inutile pour ceux qui ne voyagent pas à l’étranger.

Rick Hasen résume ainsi la situation : les personnes concernées sont souvent celles « qui n’ont pas les moyens de se payer un passeport et ne voyagent pas ».

Un système américain déjà particulier

Contrairement à de nombreux pays, les États-Unis ne disposent pas de carte nationale d’identité.Jusqu’à présent, plusieurs documents pouvaient être utilisés pour voter, notamment :

le permis de conduire ;

une carte étudiante ;

d’autres pièces délivrées localement.

Le projet de loi viendrait donc durcir un système historiquement plus souple, au risque de rendre l’accès au vote plus compliqué pour une partie de la population.

Yves Manuel

Vant Bèf Info

Avec Fox News


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