Le CODEREH appelle l’État à soutenir les écoles déplacées par l’insécurité

Le Collectif des Directeurs d’École pour la Résilience de l’Éducation en Haïti (CODEREH) appelle les autorités à intervenir en urgence pour soutenir les établissements scolaires contraints de quitter leurs locaux en raison de l’insécurité. Lors d’une conférence de presse, le collectif a dénoncé l’absence de réponses de l’État face à la situation des écoles touchées par la violence des groupes armés.

Port-au-Prince, 29 juillet 2026. – Le coordonnateur du CODEREH, Louis Wilbert, affirme que plusieurs établissements sont fermés depuis plus de trois ans après avoir été attaqués, incendiés, pillés ou occupés par des groupes armés.

« Nos écoles ont été détruites, nos directeurs ont été chassés sous les balles et plusieurs bâtiments sont aujourd’hui occupés par des gangs », a-t-il déclaré.

Des écoles privées de leurs équipements

Selon le CODEREH, les établissements concernés ont perdu leurs équipements pédagogiques et administratifs, compromettant leur fonctionnement.

Le collectif demande au Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et au Fonds national de l’Éducation (FNE) d’ouvrir rapidement un dialogue afin de trouver des solutions avant la prochaine rentrée scolaire.

Louis Wilbert estime qu’aucune mesure concrète n’a été prise en faveur des écoles victimes de l’insécurité.

Plusieurs écoles regroupées dans un même espace

Le CODEREH indique que plusieurs établissements partagent désormais les mêmes locaux pour poursuivre leurs activités.

« Il arrive que quinze écoles soient regroupées dans un seul espace faute d’infrastructures disponibles », a expliqué Louis Wilbert.

Selon lui, cette situation complique l’organisation des cours et inquiète les parents ainsi que les enseignants.

Une rentrée scolaire jugée incertaine

Le collectif estime que la rentrée scolaire fixée au 7 septembre 2026 par le MENFP sera difficile à respecter sans un accompagnement de l’État.

Louis Wilbert affirme que les écoles concernées ne pourront pas rouvrir dans les conditions actuelles.

Les difficultés financières s’aggravent

Pour sa part, Véluc Méroné, membre du CODEREH, a souligné les conséquences économiques de la crise.

Selon lui, de nombreux parents éprouvent des difficultés à payer les frais de scolarité ou à récupérer les dossiers scolaires de leurs enfants. Cette situation fragilise davantage les établissements, qui peinent à rémunérer leurs enseignants et à assurer leur fonctionnement.

Le CODEREH appelle les autorités à prendre des mesures rapides afin de limiter les perturbations de l’année académique 2026-2027 et de garantir le droit à l’éducation des enfants affectés par la crise sécuritaire.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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