Justice : L’Église épiscopale d’Haïti exige la libération de ses prêtres et laïcs incarcérés, Danton Léger se montre optimiste
L’Église épiscopale d’Haïti a lancé un appel solennel aux autorités judiciaires pour obtenir la libération de plusieurs prêtres et laïcs détenus dans le cadre du dossier de trafic d’armes qui secoue le pays depuis 2022. L’institution religieuse affirme que les éléments du dossier confirment leur innocence et dénonce une détention « injustifiée ».

Port-au-Prince, le 6 avril 2026-
Une sortie du silence
Dans un communiqué officiel daté du 5 avril 2026, l’Église explique avoir choisi de « sortir de son silence » afin d’informer l’opinion publique de l’évolution de cette affaire. Elle rappelle avoir évité jusque-là toute prise de position pour ne pas influencer le cours de la justice. Interrogé par la rédaction de Vant Bèf Info (VBI) autour de ce communiqué, maitre Danton Leger,faisant office d’avocat et chancelier de l’Église épiscopale d’Haïti dit attendre confiant l’arrêt de la cour d’appel qui ordonnera à coup sur la libération des personnes derrière les barreaux.
Une procédure contestée
Selon l’institution, une ordonnance rendue le 29 septembre 2023 avait déjà établi que les personnes concernées étaient « étrangères à ces faits » et « victimes d’un réseau mafieux ». Pourtant, le parquet a interjeté appel, relançant la procédure. L’Église qualifie cette démarche « d’irrégulière et illégale », tout en réaffirmant sa confiance dans la justice haïtienne.
Des preuves jugées falsifiées
Un rapport soumis le 2 février 2026 par le juge chargé du complément d’enquête aurait confirmé que des individus ont « utilisé frauduleusement le nom de l’Église ». La pièce centrale du dossier, selon le communiqué, est « fausse » et la signature incriminée « formellement identifiée comme imitation ». L’institution insiste : aucun élément probant d’enrichissement illicite n’a été découvert.
Les détenus concernés
L’Église réclame la libération immédiate des Révérends Fritz Désiré et Frantz Cole, ainsi que des laïcs Jean-Marie Jean-Gilles et Mamion Saint-Germain, estimant qu’ils sont détenus injustement. Elle souligne leur comportement exemplaire lors de l’attaque du Pénitencier national en mars 2024, où ils « n’ont pas fui », preuve selon elle de leur confiance dans la justice.
Une affaire explosive
L’affaire remonte au 14 juillet 2022, lorsque les autorités ont saisi à Port-au-Prince un conteneur arrivé sous franchise au nom de l’Église épiscopale. Présenté comme contenant des dons, il renfermait en réalité un important lot d’armes, de munitions et de faux billets. Le scandale avait provoqué une onde de choc nationale et conduit à plusieurs arrestations.
Un appel à la justice
« La vérité doit triompher. La justice doit être rendue. Les innocents doivent être libérés », conclut l’Église, exhortant les magistrats à agir « avec intégrité, conscience et courage ».
Uguenson Auguste
Vant Bèf info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
