Justice : d’anciens condisciples d’Emmanuel Constant réclament un transfert hospitalier d’urgence
Plusieurs anciens condisciples d’Emmanuel Constant lancent un appel pressant aux autorités judiciaires pour obtenir son transfert immédiat vers un centre hospitalier. Dans une correspondance adressée à Me Destinable Renable , commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance des Gonaïves, ces signataires dénoncent une situation qu’ils jugent « extrêmement préoccupante ».

Port -au – Prince , le 18 avril 2026-
Âgé de 70 ans, Emmanuel Constant est incarcéré depuis 22 ans. Selon les auteurs de la lettre, il n’aurait jamais été entendu par un juge durant toute cette période de détention. Ils affirment également qu’il est détenu dans des conditions difficiles, partageant sa cellule avec environ 80 codétenus.
Les signataires alertent surtout sur la dégradation rapide de son état de santé. Porteur d’un cathéter et souffrant de saignements persistants, le détenu nécessiterait, d’après les médecins l’ayant examiné, une intervention chirurgicale urgente. « Un cathéter dans une cellule surpeuplée, sans conditions sanitaires adéquates, constitue une aberration médicale et humaine », soulignent-ils.
Dans leur correspondance datée du 17 avril 2026, ils estiment que le maintien en détention sans accès à des soins appropriés met directement en danger la vie du détenu. Ils demandent en conséquence au parquet d’autoriser « sans délai » son transfert vers une structure hospitalière capable de lui fournir les soins requis.
« La vie comme la mort de cet homme dépend désormais de cette décision », écrivent-ils, en appelant au sens « de justice, d’humanité et de responsabilité » du commissaire du gouvernement.
La lettre est signée par une vingtaine de personnes, présentées comme d’anciens condisciples d’Emmanuel Constant chez les Frères de l’Instruction chrétienne, dont plusieurs médecins.
Emmanuel « Toto » Constant, fondateur et dirigeant du FRAPH (Front Révolutionnaire Armé pour le Progrès d’Haïti), est une figure centrale de la répression paramilitaire en Haïti entre 1991 et 1994, accusé de multiples crimes contre l’humanité. Après avoir fui aux États-Unis, il a fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires avant d’être expulsé vers Haïti en 2020 pour répondre de ses actes.
Emmanuel Constant, dit « Toto Constant », fut le principal dirigeant du FRAPH, un groupe paramilitaire créé au lendemain du coup d’État de 1991 ayant renversé le président démocratiquement élu Jean-Bertrand Aristide.
Uguenson Auguste
Vant Bèf info (VBI)
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