Insécurité en Haïti : malgré le renforcement de la Police nationale d’Haïti, les kidnappings persistent à Port-au-Prince
Alors que les autorités multiplient les annonces sur le renforcement des capacités opérationnelles de la Police nationale d’Haïti (PNH), les enlèvements et attaques armées continuent de plonger la capitale haïtienne dans l’angoisse.
877 nouveaux policiers et des blindés : un renforcement sans effet visible ?

Port-au-Prince, 18 février 2026 –
Au cours des dernières semaines, 877 nouveaux agents ont intégré les rangs de la PNH. Plusieurs ont été déployés dans des axes stratégiques de Port-au-Prince, dans l’objectif de reprendre le contrôle de zones sensibles.
La police a également bénéficié d’un appui logistique notable :
Trois chars d’assaut offerts par la Corée du Sud ;
Dix véhicules blindés de transport de troupes remis par le Canada le 16 février 2026.
Malgré ces moyens supplémentaires, les groupes armés continuent d’opérer, notamment dans la commune de Delmas, en particulier à Delmas 31 et Delmas 75, où plusieurs cas d’enlèvements ont été signalés durant les trois jours gras.

Delmas sous tension : des kidnappings à répétition
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des citoyens sont enlevés sans qu’aucune intervention ne vienne entraver les ravisseurs. Si les gangs semblent désormais plus discrets dans leur mode opératoire, leurs activités demeurent actives et structurées.
« Les gangs m’ont imposé des conditions strictes de ne pas parler à la presse, sinon la personne enlevée serait morte », confie, sous couvert d’anonymat, un proche d’une victime récemment libérée après le paiement d’une importante rançon.

Cette stratégie du silence contribuerait à masquer l’ampleur réelle du phénomène, donnant l’impression d’un recul de l’insécurité alors que les enlèvements se poursuivent en coulisses.
Carnaval perturbé : tirs nourris à Pétion-Ville et au Champ-de-Mars
Les violences armées ont également perturbé les festivités carnavalesques dans plusieurs zones de la région métropolitaine, notamment à Pétion-Ville, à Canapé-Vert et au Champ-de-Mars.
Des tirs nourris ont provoqué l’interruption prématurée des activités, semant la panique parmi les participants et les riverains.
Bel-Air, Village de Dieu, Grand-Ravine : contrôle réel ou façade sécuritaire ?

Les autorités affirment avoir repris le contrôle de Bel-Air et mener des opérations régulières, y compris à l’aide de drones explosifs, dans des bastions réputés de groupes armés tels que Village de Dieu et Grand-Ravine.
Toutefois, selon plusieurs observateurs, aucun chef de gang majeur n’aurait été neutralisé ou arrêté de manière significative à ce jour, ce qui alimente les doutes sur l’efficacité réelle des interventions.
De nombreuses zones d’ombre
La situation soulève plusieurs interrogations :
Qui se cache réellement derrière l’industrie du kidnapping en Haïti ?
Les gangs bénéficient-ils de complicités internes au sein des institutions ?
Comment expliquer la circulation de véhicules impliqués dans des actes criminels et équipés de gyrophares ?
Les autorités disposent-elles d’un contrôle effectif du terrain ?
Plusieurs habitants affirment avoir aperçu des individus lourdement armés, vêtus d’uniformes similaires à ceux de la PNH, circulant à bord de véhicules munis de signaux lumineux.
Une population toujours sous menace
Dans le département de l’Ouest, la population continue de vivre sous la menace constante des groupes armés. Malgré l’augmentation des effectifs policiers et l’arrivée d’équipements blindés, les résultats tardent à se faire sentir.
Alors que la sécurité demeure la priorité absolue pour les citoyens, une question persiste : le renforcement matériel et humain de la PNH suffira-t-il à restaurer durablement l’ordre public en Haïti ?
Pierre Daniel LAMARTINIÈRE
Vant Bèf Info (VBI)
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