Insécurité : des entreprises alertent sur la dégradation de la RN1 et la menace sur une zone stratégique près de l’aéroport

Plusieurs entreprises industrielles opérant dans le nord de la capitale alertent sur la détérioration de la situation sécuritaire aux abords de l’aéroport international Toussaint Louverture. Dans un communiqué conjoint publié le mercredi 29 avril 2026, la Brasserie de la Couronne S.A., la Distillerie Barbancourt et la Brasserie Séjourné S.A. appellent les autorités à une intervention urgente.

Port-au-Prince, 29 avril 2026.

Des affrontements récents à proximité des installations

Selon ces entreprises, des affrontements entre groupes armés ont été enregistrés entre le 18 et le 21 avril 2026 à proximité immédiate de leurs installations, situées entre la Route nationale numéro 1 et la Route 9. Depuis, la situation reste instable, malgré un retour relatif au calme.

Les entreprises indiquent que de nombreux employés et habitants hésitent à reprendre leurs activités, en raison de la crainte d’une reprise des violences.

Une zone stratégique sous pression

Les signataires du communiqué avertissent d’un risque de basculement de cette zone stratégique vers un espace hors de contrôle, à proximité directe de l’aéroport international. Une évolution qu’ils jugent préoccupante pour la sécurité et l’économie nationale.

Ils dénoncent également la dégradation avancée de la Route nationale numéro 1, qu’ils considèrent comme un frein majeur aux interventions des forces de l’ordre. Selon eux, l’accès de la Police nationale d’Haïti (PNH) est fortement limité, notamment vers des points stratégiques comme Cazeau et les environs du ministère de l’Agriculture.

« Dans ces conditions, il devient difficile d’assurer une présence sécuritaire continue autour du périmètre de l’aéroport », soulignent-ils.

Appel à la réhabilitation urgente des infrastructures

Les entreprises demandent la réhabilitation rapide de la RN1 afin de faciliter le déploiement des forces de sécurité, le rétablissement de l’ordre et la reprise des activités économiques.

Elles rappellent leur poids dans l’économie nationale, avec plus de 2 500 emplois directs et environ 160 000 emplois indirects. La Fondation Barbancourt, également touchée, indique avoir suspendu ses services, affectant plus de 1 500 patients par mois et plusieurs centaines d’enfants.

Les signataires estiment qu’un abandon de cette zone aurait des conséquences majeures sur l’emploi, les services sociaux et le contrôle stratégique de l’espace. Ils appellent l’État à agir rapidement pour éviter une détérioration irréversible de la situation.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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