Haïti : Vers l’institutionnalisation du stage professionnel obligatoire pour les jeunes diplômés
Le gouvernement haïtien, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, franchit une nouvelle étape dans sa politique d’emploi des jeunes en amorçant l’institutionnalisation du stage professionnel obligatoire.

Pétion-ville , 20 mars 2026-
À travers le Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), les autorités entendent structurer et généraliser l’accès à une première expérience professionnelle pour les jeunes diplômés.
Au cœur de cette initiative , le Dispositif National de Stage Obligatoire pour l’Insertion Socio-Professionnelle des Jeunes Diplômés (DNSOIJED).

Ce mécanisme vise à renforcer les capacités de l’État à faciliter l’intégration des jeunes sur le marché du travail, en leur offrant un encadrement professionnel adapté dès la fin de leurs études.
Lancé officiellement le 23 mai 2025, le programme affiche déjà des résultats jugés encourageants.
Selon le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, plus de 30 % des stagiaires issus de la première phase ont été intégrés au sein d’institutions publiques, notamment l’ONA, l’OFATMA, l’EPPLS, le MAST, le FAES et l’IBESR. Ces données ont été communiquées lors de la cérémonie de lancement de la deuxième phase du programme, tenue le 20 mars 2026 à l’hôtel Montana.
Pour le ministre, ces résultats traduisent le potentiel de la jeunesse haïtienne lorsqu’elle bénéficie d’opportunités concrètes. Il souligne que « ces chiffres ne sont pas de simples données statistiques », mais bien la preuve que les jeunes peuvent répondre aux exigences du monde professionnel avec compétence et discipline.
Inscrit dans le cadre du Programme d’Investissement Public (PIP) pour l’exercice fiscal 2025-2026, le DNSOIJED bénéficie d’une allocation budgétaire de 50 millions de gourdes. Ce financement doit permettre, à terme, la création de plus de 20 000 places de stage sur une période de cinq ans à travers le pays.
Pour l’année en cours, environ 500 jeunes diplômés seront accueillis dans ce dispositif. L’ensemble des coûts liés à leur encadrement sera pris en charge par le MAST, grâce aux fonds alloués par le Trésor public.
Les autorités comptent également sur une forte implication des acteurs du secteur privé, des universités, des institutions publiques ainsi que des partenaires techniques et financiers pour assurer la réussite du programme.
Le ministre insiste sur la portée stratégique de cette initiative, qu’il présente comme bien plus qu’un simple programme administratif. Selon lui, il s’agit d’un engagement structurant de l’État en faveur d’une société plus inclusive, où les jeunes occupent une place centrale dans le développement national.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la phase pilote réalisée au cours de l’exercice 2024-2025, durant laquelle une soixantaine de jeunes diplômés avaient déjà bénéficié de stages, avec un taux d’intégration professionnelle avoisinant les 30 %.
En institutionnalisant le stage professionnel obligatoire, le gouvernement entend ainsi apporter une réponse concrète et durable à la problématique du chômage des jeunes, tout en valorisant le capital humain comme levier essentiel de croissance et de transformation sociale en Haïti.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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