Haiti – Tourisme : Pointe Sable garde espoir malgré la crise et la chute vertigineuse des activités
À Port-Salut, dans le Sud d’Haïti, le blocage par des gangs armés de la route nationale #2 et la baisse du tourisme fragilisent l’économie locale. Pourtant, à Pointe Sable, commerçants, pêcheurs et visiteurs continuent de faire vivre la commune, entre résilience et solidarité.

La rédaction de Vant Bèf Info (VBI), en collaboration avec plusieurs journalistes de la région Sud, est allée à la rencontre des commerçants, pêcheurs, chauffeurs de taxi moto et d’autres artisans des métiers de la mer qui refusent d’abandonner.
Port-Salut, le 24 février 2026.-
Sur la côte sud d’Haïti, le vent marin continue de caresser les rivages de Port-Salut avec la même douceur. Mais derrière cette image de carte postale, la réalité économique est plus complexe. La coupure quasi permanente de la route menant vers le Grand Sud, souvent paralysée par l’insécurité, a fortement réduit les déplacements depuis Port-au-Prince.

Conséquence directe : la baisse du tourisme à Port-Salut. « Avant, les week-ends étaient animés par des visiteurs venus de la capitale. Aujourd’hui, c’est devenu rare », confie un chauffeur de moto-taxi à l’entrée de la commune. Hôtels, petites auberges et commerces ressentent durement l’impact de cette diminution de fréquentation.
Pointe Sable, un espace de détente qui résiste
Pourtant, une fois sur place, l’ambiance tranche avec les difficultés évoquées. À la plage de Pointe Sable, les cocotiers bordent toujours la mer limpide, et le sable doré accueille familles et groupes de jeunes venus chercher un moment de répit.
Si les touristes nationaux se font plus rares, les habitants des communes voisines continuent d’affluer. Sous l’ombre des raisiniers, les conversations s’entremêlent aux éclats de rire. Des enfants jouent dans l’eau peu profonde pendant que des parents observent, assis sur des chaises en plastique face à l’horizon.
Un propriétaire de petite pension familiale résume la situation : « Nous sommes obligés de continuer à travailler. On ne peut pas suspendre la vie en attendant que la situation s’améliore. »
Commerçants et pêcheurs : la résilience au quotidien
Sur le littoral, les activités commerciales persistent malgré tout. Une marchande de “fritay” surveille son chaudron d’huile, espérant attirer quelques clients. « La situation est difficile, on vend moins qu’avant. Mais si nous restons chez nous, nous ne mangerons pas », explique-t-elle avec détermination.
Plus loin, un pêcheur répare calmement ses filets. Pour lui, la mer demeure une source constante de subsistance. « Le tourisme a baissé, c’est vrai. Mais nous continuons à pêcher et à proposer du poisson frais. La mer ne nous abandonne pas », affirme-t-il.
Glacières remplies de boissons fraîches, grillades, fruits tropicaux : chaque vendeur tente d’attirer les visiteurs avec le sourire. Malgré la crise en Haïti, Port-Salut refuse de s’éteindre.
Port-Salut, symbole de résilience dans le Sud d’Haïti
Entre mer turquoise et accueil chaleureux, Port-Salut conserve son charme naturel. La commune balnéaire, connue pour Pointe Sable, demeure un lieu de détente et d’espoir dans un contexte national difficile.
Ici, la solidarité communautaire et la volonté de travailler prennent le dessus sur le découragement. À chaque vague qui s’échoue sur le sable, c’est un message silencieux de résistance qui se dessine.
Malgré la baisse du tourisme et les défis liés à l’insécurité, Port-Salut continue de sourire. À Pointe Sable, entre commerce, pêche et instants de détente, le Sud d’Haïti prouve qu’il croit encore en des jours meilleurs.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info ( VBI)
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