Haïti : Ketleen Florestal présente son bilan à la tête du MPCE
Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) a rendu public le bilan de gestion de sa titulaire, Ketleen Florestal, couvrant la période de juin 2024 à février 2026. Le document dresse un état des lieux de la situation institutionnelle à son arrivée, des réformes engagées et des résultats intermédiaires obtenus dans un contexte national marqué par l’insécurité, des contraintes budgétaires et un affaiblissement des capacités administratives.

Port-au-Prince, 3 mars 2026.
Un diagnostic institutionnel préoccupant
Selon le rapport, une évaluation interne réalisée au moment de la prise de fonction de la ministre a mis en évidence d’importants dysfonctionnements structurels. Sur les plans administratif et financier, le ministère faisait face à des recrutements jugés irréguliers, à l’absence de manuels de procédures actualisés et à des retards dans le traitement des dossiers liés au Programme d’Investissement Public (PIP).
Le document mentionne également l’absence d’un mécanisme opérationnel d’audit interne ainsi qu’une gestion des avantages sociaux marquée par des inégalités et un manque de critères formalisés.
Des faiblesses ont aussi été relevées dans la gestion des ressources humaines, notamment un déficit de compétences techniques stratégiques, accentué par le départ de cadres spécialisés vers l’étranger. Le rapport souligne par ailleurs l’absence de mécanismes objectifs d’évaluation du personnel, des déséquilibres organisationnels et une marginalisation des Directions départementales, confrontées à un déficit de moyens matériels et logistiques.
Des réformes engagées à partir d’octobre 2024
Face à cette situation, le MPCE indique avoir engagé, dès octobre 2024, une série de mesures visant à restructurer l’institution.
Un processus de standardisation des avantages sociaux a été lancé afin de rétablir l’équité interne. Des démarches administratives ont également été entreprises pour identifier les cas d’absentéisme prolongé, tandis que les promotions ont été progressivement conditionnées à des évaluations formelles.
La modernisation numérique figure parmi les principaux axes de réforme. Le ministère a notamment mis en ligne son site institutionnel et créé un registre national électronique des ONG, destiné à renforcer la transparence et la traçabilité.
Un module numérique dédié au PIP a été amorcé, intégrant la gestion des FIOPs et des demandes de décaissement. Le Module de Gestion de l’Aide Externe (MGAE) a par ailleurs été réhabilité afin d’améliorer le suivi des engagements financiers internationaux.
Renforcement de la planification et de la coordination
Dans le cadre du renforcement du PIP, des sessions de formation ont été organisées à l’intention des Unités d’Exécution de Projets (UEP). Le manuel de gestion a été actualisé et un processus de géoréférencement des projets a été lancé afin d’améliorer la planification territoriale.
Le ministère met également en avant l’institutionnalisation d’un cadre de concertation entre l’État et les organisations non gouvernementales, appuyée par l’adoption d’une feuille de route formelle.
Selon le bilan publié, ces initiatives auraient permis de clarifier les règles de gouvernance interne, de réduire certaines disparités administratives et de renforcer la crédibilité du MPCE auprès des partenaires techniques et financiers. Le rôle stratégique du ministère dans la coordination de l’aide externe et la planification nationale serait ainsi en voie de consolidation.
Des résultats encore discutés sur le terrain
Toutefois, près de deux ans après la prise de fonction de la ministre, plusieurs observateurs estiment que les effets concrets de ces réformes demeurent difficiles à mesurer. Si des avancées administratives et numériques sont mises en avant dans le rapport, leur traduction en projets visibles ou en amélioration tangible des conditions de vie reste, selon ces sources, limitée.
Dans plusieurs départements, des acteurs locaux continuent de signaler des lenteurs dans l’exécution des projets publics ainsi qu’un manque d’impact direct des initiatives annoncées.
Le rapport reconnaît d’ailleurs que plusieurs défis persistent, notamment l’institutionnalisation d’un service d’audit interne permanent, l’intégration complète des systèmes numériques et la mise en place d’un archivage électronique sécurisé. La stabilisation des ressources humaines et le renforcement structurel des Directions départementales figurent également parmi les priorités identifiées pour consolider les acquis.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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