Haïti/Éducation : le RENTRHED dénonce une crise persistante et interpelle les autorités
Le Regroupement National des Travailleurs Haïtiens en Éducation (RENTRHED) dénonce une réalité devenue intenable pour les enseignants et le personnel administratif. Évoquant des retards de salaires, des blocages administratifs et des conditions de travail précaires, cette structure syndicale a vivement critiqué le non-respect de accord signé le 20 janvier 2025 entre le gouvernement haïtien et plusieurs organisations syndicales.

Delmas, le 16 janvier 2026. Plus d’un an après la signature de l’accord, la majorité des engagements pris restent lettre morte, alimentant frustration et méfiance au sein du secteur éducatif.

Le secrétaire général du (RENTRHED) Chedly Jean, déplore que plus de quinze mois après sa signature, « la quasi-totalité des mesures prévues dans l’accord demeure inappliquée ». Une situation qu’il juge préoccupante et déstabilisante pour les travailleurs de l’éducation.
Le RENTRHED évoque également l’augmentation des prix des produits pétroliers comme un facteur aggravant.
Dans un contexte d’inflation persistante, cette décision accentue les difficultés économiques des enseignants, dont certains accusent jusqu’à cinq à six mois d’arriérés de salaire.
« Cette décision accentue la misère des travailleurs, en particulier ceux du secteur éducatif », a insisté Me Jean.
De son côté, le président du regroupement, Junior Léo, n’a pas caché son indignation face à ce qu’il qualifie d’irresponsabilité de l’État.
Selon lui, un ministère incapable de garantir des conditions minimales à ses agents ne peut prétendre planifier efficacement l’éducation nationale.
Le syndicat appelle directement le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Démero, à prendre des mesures urgentes.
Il insiste notamment sur la situation critique des enseignants contractuels, dont plusieurs travaillent depuis des mois sans percevoir de salaire, une réalité qui menace la qualité de l’enseignement et compromet l’avenir de milliers d’élèves.
Par ailleurs, il dénonce des pratiques jugées arbitraires dans les processus de nomination et de promotion au sein du ministère.
Junior Léo plaide pour la mise en place d’une commission indépendante incluant des représentants syndicaux afin de garantir transparence et équité.
Il exige la nomination effective des enseignants actuellement en salle de classe; la régularisation des enseignants en attente depuis plus de trois ans.
Junior Léo demande aussi le paiement immédiat des arriérés de salaire, l’instauration d’une carte de débit mensuelle avec une allocation de 30 000 gourdes.
Il réclame l’ajustement des salaires en fonction du coût de la vie, l’amélioration des conditions de travail dans l’administration, des promotions fondées sur le mérite ainsi que le paiement régulier et ponctuel de tous les agents.
Dodeley Orélus
Vant Bèf Info (VBI)
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