Former pour transformer : Le MPCE et l’UNITECH lancent le programme de formation des jeunes au numérique

Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) et l’Université de Technologie d’Haïti (UNITECH) ont inauguré, en début de semaine un programme de formation aux métiers du numérique. Le projet, selon les initiateurs, dépasse le simple cadre académique. « Il s’agit d’un outil, pas seulement d’une formation ». Derrière les discours et présentations, c’est une ambition plus structurante qui s’esquisse : reconfigurer le capital humain haïtien à l’ère digitale.

Petion-ville, 28 Février 2026.- D’emblée, la ministre Marie Ketleen Florestal a fixé le cap : il ne s’agit pas d’offrir une formation de circonstance, mais de « donner à la jeunesse haïtienne un outil de travail ». Le mot est fort. Un outil transforme celui qui le manie. Il ouvre des perspectives, crée de l’autonomie et confère un pouvoir d’action.

Dans un contexte où l’exclusion économique nourrit la vulnérabilité sociale, le numérique apparaît ici comme un moyen d’émancipation. Former 800 jeunes (100 par commune dans huit communes des départements du Sud, du Nord-Est et du Nord-Ouest) revient à injecter dans des territoires souvent marginalisés une nouvelle capacité productive.

Régénérer le capital humain

La ministre Florestal a inscrit l’initiative dans une démarche de « régénération du capital humain ». L’expression, empruntée au vocabulaire du développement, renvoie à une idée simple mais décisive : aucune nation ne progresse durablement sans investir dans les compétences de sa jeunesse.

En ce sens, le programme ne vise pas uniquement l’apprentissage technique. Il cherche à : rendre les jeunes lettrés en numérique ; stimuler des initiatives entrepreneuriales locales ; réduire les inégalités territoriales d’accès au savoir et prévenir le décrochage social et professionnel. L’objectif parait clair : substituer à l’économie de survie une économie de compétence.

Démocratiser le savoir technologique

Pour le recteur Josselin Val, ce programme constitue une réponse « stratégique, inclusive et territorialement différenciée » aux fractures numériques entre villes et zones périphériques. En d’autres termes, il ne suffit pas d’enseigner ; il faut corriger les disparités structurelles.

Les centres ont été équipés de panneaux solaires, d’une connexion Internet et de matériel informatique. Chaque participant reçoit un ordinateur portable qu’il pourra conserver après validation de son cursus. Ce choix logistique traduit une volonté pédagogique : prolonger l’apprentissage au-delà de la salle de classe.

D’une durée de six mois, la formation combine présentiel et enseignement en ligne. Cinq cursus spécialisés sont dispensés par des enseignants haïtiens, appuyés par des professeurs de l’Université du Québec à Chicoutimi et de l’École nationale polytechnique de l’Université de Yaoundé I.

Cette coopération académique internationale élargit l’horizon des bénéficiaires et inscrit Haïti dans un réseau de savoirs transnational.

Financé par le Trésor public et géré par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le programme assume son statut de projet pilote. Il expérimente un modèle qui, s’il porte ses fruits, pourrait être étendu à d’autres communes.

Former pour prévenir

Au-delà des chiffres et des infrastructures, l’initiative véhicule un message implicite : la formation est un acte de prévention sociale. Offrir des compétences numériques, c’est détourner les jeunes des trajectoires d’exclusion. C’est transformer l’énergie juvénile en capacité d’innovation. « L’avenir, on ne peut pas le voir sans l’informatique et sans le numérique », a rappelé la titulaire du MPCE. Cette affirmation traduit une réalité mondiale : la compétitivité des nations repose désormais sur la maîtrise des technologies.

En investissant dans la jeunesse, le MPCE et l’UNITECH ne se contentent pas d’ouvrir des salles de classe ; ils cherchent à ouvrir des possibles. Un pari ambitieux : faire du numérique non un luxe, mais une compétence citoyenne, accessible et structurante.

Si la formation parvient à susciter des projets, à consolider des micro-entreprises ou à intégrer des jeunes dans l’économie digitale, alors ce programme aura rempli sa mission : transformer l’apprentissage en puissance d’agir.

Wandy CHARLES

Vant Bef Info (VBI)


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