Crise institutionnelle en Haïti : l’Accord de Montana demande à l’ONU de revoir son approche
L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a adressé un mémorandum juridique et institutionnel au Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). Le document appelle la communauté internationale à prendre en compte les dimensions politiques, constitutionnelles et institutionnelles de la crise haïtienne.

Port-au-Prince, le 13 juillet 2026.- Selon les signataires, la réponse à la crise ne peut pas se limiter à la lutte contre les groupes armés. Ils estiment que l’insécurité s’accompagne d’une crise de légitimité des institutions, d’un affaiblissement de l’État, d’une paralysie économique et d’une aggravation des difficultés sociales.
L’Accord de Montana conteste la légitimité du pouvoir en place
Dans son mémorandum, l’Accord de Montana remet en question le maintien d’Alix Didier Fils-Aimé comme représentant de l’État haïtien auprès de la communauté internationale.
Les signataires affirment que le cadre de transition établi en 2024 est arrivé à son terme le 7 février 2026. Ils demandent aux partenaires internationaux de préciser les bases juridiques et politiques justifiant leur reconnaissance du pouvoir actuel.
Des réserves sur le processus électoral
L’Accord de Montana critique également l’accompagnement international du processus de transition, notamment sur le dossier électoral.
L’organisation évoque des contestations autour de certaines décisions, dont le décret du 2 juin 2026 modifiant le cadre électoral. Selon elle, ces contestations pourraient affecter la confiance de la population dans le processus électoral.
Un appel à un nouveau consensus politique
Pour sortir de la crise, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana propose un nouveau consensus politique national.
Elle recommande aussi le renforcement de l’indépendance des institutions électorales et l’adoption d’un calendrier clair pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Selon l’organisation, une transition durable doit reposer sur une base politique suffisamment large.
L’Accord de Montana estime que la sécurité, la stabilité institutionnelle et l’organisation d’élections crédibles sont liées. Il appelle ainsi l’ONU, l’Organisation des États américains (OEA) et la CARICOM à adopter une approche globale combinant sécurité, respect de l’État de droit et restauration de la confiance dans les institutions.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info (VBI)
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