Crise haïtienne : Ricardo Fleuridor tire la sonnette d’alarme sur l’effondrement démocratique et l’emprise de la corruption
Réuni les 23 et 24 avril 2026 au Paraguay, dans le cadre du Forum régional des Amériques, Ricardo Fleuridor, directeur de l’ONLCC, a livré une analyse sans détour. Il a évoqué la situation critique d’Haïti. Par ailleurs, il a élargi son propos à la Caraïbe et à l’Amérique latine.

Port-au-Prince, le 25 avril 2026.-Au cœur de son intervention, un constat préoccupant s’impose. En effet, la corruption, la fragilité des institutions et la perte de légitimité démocratique forment un cercle vicieux. Celui-ci mine profondément les États de la région. En Haïti, cette réalité est encore plus marquée. Elle affecte directement les conditions de vie des citoyens. De plus, elle compromet toute perspective de stabilité.

Ricardo Fleuridor souligne un point essentiel. Sans réformes structurelles et sans élections crédibles, la crise risque de durer. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, le pays vit un vide institutionnel. Ainsi, la gouvernance de facto s’est installée. Par conséquent, les mécanismes de contrôle se sont affaiblis.
Plusieurs institutions clés sont touchées. Il s’agit notamment de l’Office de la Protection du Citoyen, de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, ainsi que de l’Unité de Lutte Contre la Corruption. Aujourd’hui, elles fonctionnent dans des conditions précaires. Dans certains cas, leur légitimité est même contestée. De ce fait, leur capacité à faire respecter l’État de droit est limitée.
Sur le terrain, la situation est encore plus préoccupante. En effet, l’insécurité est devenue généralisée. De larges zones, y compris dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, échappent au contrôle de l’État. Elles passent sous l’influence de groupes armés. Ainsi, les droits fondamentaux sont fortement affectés. De même, la participation citoyenne devient difficile.
À cela s’ajoute un autre facteur important. Il s’agit de l’expansion d’une économie criminelle transnationale. Celle-ci alimente l’instabilité. En outre, elle renforce les réseaux de corruption.
Au-delà d’Haïti, Ricardo Fleuridor alerte sur une dynamique régionale inquiétante. Celle-ci est marquée par la montée du crime organisé. Elle inclut aussi des tensions géopolitiques croissantes. Par ailleurs, la polarisation politique s’accentue. Enfin, les pressions économiques persistent.
Face à ces défis, il appelle à une réponse urgente. D’abord, il insiste sur le renforcement des institutions. Ensuite, il plaide pour un soutien accru à la société civile. Enfin, il souligne l’importance d’élections libres et crédibles. Selon lui, ces conditions sont indispensables. Elles permettent de restaurer la confiance et la légitimité démocratique. Elles ouvrent aussi la voie à une sortie de crise durable.
Le Forum régional des Amériques 2026 s’est tenu sous l’égide de la Coalition mondiale pour la démocratie. Cette dernière avait invité l’ONLCC à participer aux discussions sur les enjeux démocratiques régionaux.
Jean Gilles Désimord
Vant Bèf Info (VBI)
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