CDM 2026 : quand Mbappé, Messi et Christiano nous rappellent les leçons essentielles de la vie

En raison de mes obligations professionnelles, je ne peux pas regarder tous les matchs. Mais cette Coupe du monde est, sans conteste, la cour des grands. Le théâtre où les meilleurs buteurs croisent les plus fortes personnalités. Le rendez-vous des hommes qui veulent marquer l’histoire.

Et ce Mondial est une formidable leçon de vie.

Car ce que l’on observe sur les terrains (la détermination, le dépassement de soi, la résilience, la discipline et la quête permanente d’excellence) peut s’appliquer à toutes les sphères de l’activité humaine.

Prenons Kylian Mbappé.

Cette saison, la moitié de la planète football lui est tombée dessus. On l’a critiqué. Je l’ai critiqué. Le PSG a remporté sa deuxième Ligue des champions sans lui. Le Real Madrid a vécu une deuxième saison blanche avec lui. Il a été sifflé au Bernabéu. Ses prises de position publiques lui ont également attiré l’hostilité d’une partie de l’opinion française.

Bref, Mbappé est devenu, à bien des égards, le mal-aimé du football mondial.

Et pourtant.

Le voilà qui enchaîne les matchs, répond présent dans les grands rendez-vous et signe une Coupe du monde exceptionnelle. Il devient au passage le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France et le deuxième meilleur buteur de l’histoire du Mondial.

Le tout avec une étonnante sérénité.

Il suffit de l’observer en conférence de presse. Il répond avec calme, assurance et intelligence en français, en anglais comme en espagnol. On peut ne pas l’aimer. Mais il est difficile de ne pas respecter cette capacité à rester debout quand soufflent les vents contraires.

C’est souvent dans la tempête que l’on reconnaît les grands.

Chapeau, Kyky. Puisse cet état d’esprit t’accompagner également au Real Madrid.

Depuis le 18 décembre 2022, j’ai cessé de débattre de Lionel Messi.

Pendant longtemps, Leo avait tout gagné en club mais presque tout perdu avec sa sélection. Les images de ses larmes après son penalty manqué en finale de la Copa América face au Chili restent gravées dans les mémoires. Puis il est revenu. Après avoir quitté la sélection, il a retrouvé l’Albiceleste, et il a tout remporté : Copa América, Finalissima et Coupe du monde.

Mieux encore : il a signé un doublé en finale au Qatar.

L’ultime consécration.

La plus belle manière de répondre aux critiques n’est pas de parler. C’est de réussir. Réussir pour soi, avec les autres et pour les autres.

Messi est en train de transformer sa vie en œuvre d’art.

J’ai eu l’occasion de séjourner en Argentine au mois de mai. Là-bas, Lionel Messi représente bien plus qu’un footballeur. Il est une source de fierté nationale pour un peuple qui, malgré ses difficultés économiques, conserve une élégance remarquable.

Mon défunt père disait souvent : « Il ne faut pas ressembler à ses problèmes. »

Il faut rester digne, lumineux et élégant malgré les épreuves.

Messi incarne parfaitement cette philosophie. Il est la quintessence du génie argentin.

Avec le temps, j’ai appris à le respecter. Aujourd’hui, je commence même à l’aimer.

Tant mieux pour le football.

Aucun fanatisme ne m’empêchera de savourer cette dernière danse. Je demeure fidèle à mon amour pour la Seleção, mais il faut savoir reconnaître la grandeur quand elle se présente devant nous.

Lionel Messi est au football ce que Michael Jordan fut au basketball : un phénomène qui transcende son sport. Un dieu vivant déguisé en footballeur.

Et puis il y a Cristiano Ronaldo.

Avec Allen Iverson, CR7 demeure mon sportif préféré.

Cristiano est l’incarnation même de la persévérance. Il symbolise l’effort continu, l’abnégation, la discipline, la rigueur et cette capacité rare à toujours repousser ses limites.

Aujourd’hui encore, à 41 ans, j’ai vu un compétiteur affamé.

Un homme qui refuse de céder au temps.

CR7 n’est jamais fini. Quand on pense que l’histoire touche à sa fin, il trouve toujours le moyen d’écrire un nouveau chapitre.

Merci, Stromae.

Alors on danse encore au rythme des buts de Cristiano, meilleur buteur de l’histoire du Portugal.

Après une semaine de polémiques autour de ses performances face au Congo, il a répondu comme il l’a toujours fait : sur le terrain.

Sa complicité avec Nuno Mendes montre également une autre facette de sa grandeur. Celle d’un leader qui comprend qu’il faut parfois s’effacer pour permettre au collectif de briller.

Le sport, c’est la vie.

Il nous enseigne le travail d’équipe, le respect de l’adversaire, le respect des règles, le goût de l’effort, le courage face à l’adversité et, surtout, l’art de ne jamais abandonner.

Dans le contexte haïtien, cette Coupe du monde doit également nourrir notre réflexion.

Les États généraux du sport national s’imposent.

Il faut dresser l’inventaire de nos talents, évaluer nos infrastructures et repenser notre stratégie de développement sportif.

Il est temps de lancer une vaste campagne nationale de détection dans le football, le basketball, le volleyball, le tennis et le tennis de table.

Pourquoi ne pas imaginer dès aujourd’hui une Opération 2036 ?

Après tout, en 1996, nous avions lancé l’Opération 2006, laquelle allait contribuer à l’émergence de la génération de Ti Gana, Ti Blanc et de leurs compagnons, sacrés champions de la Caraïbe en 2007.

Rien ne nous empêche de rêver plus grand encore.

D’autant que cette sélection actuelle possède déjà de solides fondations, avec des joueurs comme Expérience, Bellegarde et plusieurs autres talents prometteurs.

L’histoire du sport nous enseigne une chose : les grandes victoires commencent toujours par une vision.

Le meilleur est à venir

Richenel Ostiné
Vant Bef Info (VBI)


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