Assassinat de Jovenel Moïse : le GADH dénonce des pressions sur l’enquête judiciaire

Le Groupe d’Action pour la Défense des Droits Humains (GADH) exprime ses inquiétudes autour de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse.

Port -au-Prince , le 25 mai 2026._
Dans une lettre adressée, le 25 mai 2026, au président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), Jean Joseph Lebrun, l’organisation affirme observer des tentatives visant à fragiliser le travail du juge instructeur Cyprien Jean F. Denis Pierre.

Le document est signé par Me Marc-Arthur Mesidort, président du GADH. L’organisation dit craindre des pressions publiques sur le magistrat chargé du dossier.

Une affaire sensible pour la justice haïtienne

Le GADH rappelle que l’assassinat de Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, reste l’un des dossiers criminels les plus sensibles de l’histoire récente d’Haïti.

Selon l’organisation, cette affaire dépasse la seule question des responsabilités pénales. Elle met aussi à l’épreuve la crédibilité de la justice haïtienne.

Ainsi, toute tentative d’influence sur l’enquête pourrait fragiliser davantage la confiance de la population envers les institutions judiciaires.

Le RNDDH visé par les critiques

Dans sa correspondance, le GADH réagit à une lettre transmise le 22 mai 2026 par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) au CSPJ.

L’organisation estime que cette démarche contient plusieurs contradictions. Elle souligne notamment que le RNDDH critique une ordonnance judiciaire fondée, selon lui, sur des « rumeurs » et des contenus publiés sur les réseaux sociaux.

Cependant, le GADH rappelle que le RNDDH reconnaît avoir détenu une copie d’un agenda appartenant à l’ancien président.

Pour le groupe, cette situation justifie les vérifications menées par le juge instructeur. Celles-ci visent à identifier l’origine du document, ses conditions de circulation et les personnes qui y ont eu accès.

Le GADH considère que ces actes relèvent du travail normal d’un juge d’instruction dans une affaire aussi sensible.

Des accusations jugées non documentées

Le GADH critique également des accusations de corruption visant le magistrat instructeur.

Selon l’organisation, ces allégations ont été formulées sans preuves annexées ni dénonciation officielle versée au dossier.

« On ne peut pas dénoncer l’usage de rumeurs par un magistrat tout en avançant des accusations aussi graves sans preuves vérifiables », écrit le GADH.

Par ailleurs, l’organisation rappelle qu’aucune personne ni aucune organisation ne peut bénéficier d’une « immunité de fait » devant la justice.

Appel à préserver l’indépendance de la justice

Le GADH souligne que les défenseurs des droits humains doivent être protégés contre les menaces et les intimidations.

Toutefois, l’organisation précise que cette protection ne doit pas empêcher les actes réguliers d’une enquête judiciaire.

Ainsi, une convocation, une audition ou une demande de documents ne peuvent pas être automatiquement considérées comme une persécution lorsqu’elles respectent la loi.

Le GADH appelle donc le CSPJ à garantir l’indépendance du juge instructeur et à empêcher toute interférence extérieure dans l’enquête.

Enfin, l’organisation rappelle les principes des Nations unies sur l’indépendance de la magistrature. Selon elle, l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse doit avancer sans privilège ni obstacle jusqu’à l’établissement complet de la vérité.

Mederson Alcindor

Vant Bèf Info


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