Affrontements armés au cœur de la capitale haïtienne : la ville paralysée sous les balles
La capitale haïtienne a, une fois de plus, basculé dans la violence. En plein milieu de la journée, des affrontements ont éclaté entre des unités spécialisées de la police et des gangs solidement retranchés dans le bas de la ville, plongeant plusieurs quartiers dans un climat de peur et d’incertitude.

Port au Prince le 14 mars 2026–
D’abord sporadiques, les tirs ont rapidement gagné en intensité. Rafales d’armes automatiques et détonations soutenues ont rythmé le quotidien des travailleurs, commerçants, automobilistes et passants, pris au piège de cette nouvelle flambée de violence.
De la rue Monseigneur Guilloux aux artères Saint-Honoré, Enterrement, Réunion jusqu’à Oswald Durand, les échanges de tirs ont été particulièrement nourris. D’un côté, des agents de l’ordre retranchés dans leurs véhicules blindés. De l’autre, des hommes armés positionnés sous les fenêtres de maisons abandonnées ou incendiées au fil des dernières années transformées en véritables postes de tir. À ce stade, aucun bilan humain précis n’a pu être établi.
Les conséquences sur la circulation ont été immédiates. Les usagers contraints d’emprunter les axes Carrefour–Delmas ou centre-ville–Pétion-Ville ont dû patienter pendant des heures, parfois jusqu’à la tombée de la nuit, pour espérer regagner leur domicile, souvent au péril de leur vie.
Au Champ de Mars, plusieurs véhicules privés comme de transport en commun ont préféré s’immobiliser, notamment entre le Palais national et la Tour 2004. Sur place, les discussions tournaient inévitablement autour de ces affrontements devenus récurrents, symptôme d’une insécurité qui s’installe durablement.

À la nuit tombée, le scénario est resté inchangé : les gangs se replient dans leurs fiefs, tandis que les blindés de la police regagnent leurs bases. Une journée de plus s’achève, sans avancée notable.
Malgré les changements successifs à la tête de la Police nationale d’Haïti, le constat demeure le même : une impression de stagnation. Les prises de parole des autorités peinent à rassurer, et les stratégies annoncées au fil des ans semblent inefficaces.
Faut-il repenser en profondeur une approche sécuritaire basée sur des interventions ponctuelles et des démonstrations de force qui ne dissuadent plus les groupes armés ?
Car au fond, une question persiste : combien de temps encore ce cycle pourra-t-il se répéter ?
Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)
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