Massacre de La Scierie?” : Privert dénonce une machination politique et défend son honneur

Port-au-Prince, 13 avril 2026.

Plus de deux décennies après les événements de La Scierie à Saint-Marc, l’ancien président provisoire Jocelerme Privert est revenu avec insistance sur ce dossier sensible qui, selon lui, a profondément marqué son parcours politique et personnel.


Il est important de rétablir les faits avec clarté et responsabilité, a d’emblée précisé l’ex-président Privert lors d’une interview exclusive accordée à notre rédaction. Selon l’ancien ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales,, acteur clé du régime Lavalas entre 2002-2004, ce qui a été présenté comme “génocide » ou “massacre de La Scierie” a surtout servi à l’époque de prétexte pour justifier des arrestations et persécutions politiques contre des membres de l’administration Aristide-Neptune .»


Avec arguments à l’appui, M. Privert qui se croit un martyr, dénonce ce qu’il appelle un acte ” manifestement arbitraire” symptomatique d’une machination politique avérée. « Les faits rapportés en février 2004 évoquaient une attaque armée contre le commissariat de Saint- Marc par des assaillants. Il a expliqué au passage que c’est cet événement qui, au lendemain du 29 février 2004, a été déformé et travesti en génocide puis massacre de la Scierie, par certains acteurs politiques »


Justement, l’expert indépendant des Nations unies pour les droits de l’homme le magistrat français Louis Joinet avait balayé ces accusations. « Ce qui s’est passé à Saint Marc ce mois de février 2004, n’était qu’un affrontement entre deux groupes rivaux (RAMIKOS et Bale Wouze) pour le contrôle du port de cette ville. Ils exagèrent ceux qui parlent de massacre voire de génocide à Saint Marc. On n’est pas au Rwanda ici. Moi je fais le Rwanda », avait-il, publiquement, avoué lors d’une conférence de presse tenue en avril 2005 à l’Hôtel Montana.

Plus loin, c’est Thierry Fagart, le responsable des droits de l’homme de la Minustha qui rappelle que la presse locale et internationale, par rapport aux évènements de Saint Marc en février 2004, avait fait état de 7 à 8 personnes tuées dans les deux camps.
Clamant son innocence, Jocelerme Privert dit avoir du mal à digérer l’association de son nom à un quelconque évènement à Saint Marc.


« J’ai été détenu pendant 26 mois sans procès avant d’être libéré par la Cour d’appel des Gonaïves, reconnaissant, non seulement, la légèreté du magistrat instructeur dans le traitement de ce dossier, mais plus encore son incompétence à instruire contre moi en ma qualité de ministre ». Voilà que 20 ans après sa libération, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui, cette grave injustice continue à être une douloureuse épine à son talon.

Privert se félicite de la condamnation, en 2008, de l’Etat Haïtien par la Cour Internationale de Justice pour cette criante et injuste violation de ses droits fondamentaux dans le cadre de cette saga politico-judiciaire.
Privert reconnait, toutefois, que la résurgence de cette question dans ce contexte politique et électoral n’est pas innocente. « Elle s’inscrit dans la mauvaise pratique haïtienne à savoir « tous les moyens sont bons quand il s’agit d’abattre l’adversaire ».


Le dossier dit massacre de la Scierie est pour certain, un épisode dramatique lié aux affrontements de l’époque, tandis que pour d’autres, la qualification même des faits et la responsabilité des différents acteurs restent encore sujettes à débat.

Evens Nelson
Vant Bèf Info


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