Haïti au bord de l’impasse : l’Opposition Progressiste réclame une alternative politique
PORT-AU-PRINCE, 12 octobre 2026 — L’Opposition Progressiste tire la sonnette d’alarme face à la dégradation de la situation en Haïti. Dans une adresse à la nation publiée ce lundi, l’organisation dénonce l’incapacité des autorités de transition, selon elle, à répondre aux urgences du pays. Pendant que l’insécurité bouleverse le quotidien des familles, que des citoyens sont contraints de fuir leur domicile et que les difficultés économiques s’aggravent, elle estime que la population reste livrée à elle-même, sans perspective claire de sortie de crise.

L’organisation critique également le processus électoral piloté par le Conseil électoral provisoire (CEP). Elle dénonce les modifications successives du décret électoral et un calendrier qu’elle juge déconnecté des réalités du terrain. Pour l’Opposition Progressiste, parler d’élections sans garantir la sécurité de la population et l’indépendance des institutions risque de fragiliser davantage la confiance des citoyens. Elle réclame donc un CEP capable d’agir sans subir l’influence de l’Exécutif.
Dans son adresse, l’organisation évoque aussi les préoccupations exprimées par le secteur privé des affaires et la Conférence épiscopale d’Haïti au sujet de la gouvernance. Elle rejette certaines initiatives de médiation et de dialogue national, estimant qu’elles pourraient servir à prolonger la transition plutôt qu’à résoudre les problèmes du pays. Selon elle, les discussions politiques n’auront de véritable utilité que si elles débouchent sur des décisions concrètes et des changements perceptibles dans la vie de la population.
Face à cette situation, l’Opposition Progressiste réclame la fin de la transition et le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Elle annonce avoir entamé des consultations avec plusieurs secteurs de la société afin de construire une alternative politique. Sa proposition prévoit notamment la mise en place d’un exécutif bicéphale légitime. Toutefois, les modalités de désignation de ses responsables, son fonctionnement et les garanties juridiques de sa légitimité restent à préciser pour permettre d’en apprécier la faisabilité.
L’organisation soutient que le retour aux urnes demeure nécessaire, mais insiste sur le fait que les élections ne peuvent être crédibles sans un minimum de sécurité et de confiance dans les institutions. Dans un contexte marqué par les violences, les déplacements de population et les difficultés d’accès aux services essentiels, la question dépasse la seule organisation du scrutin : il s’agit aussi de permettre aux citoyens de participer librement à la vie démocratique et de choisir leurs représentants sans crainte ni contrainte.
Enfin, l’Opposition Progressiste lance un appel aux partis politiques, aux organisations de la société civile, au secteur privé, aux syndicats, à la diaspora, aux organisations de femmes et aux jeunes pour qu’ils rejoignent les consultations en cours. L’objectif annoncé est de rechercher une solution politique fondée sur l’intérêt général. Reste à savoir si cette démarche permettra de rapprocher des acteurs aux intérêts parfois divergents et de faire émerger une proposition concrète. Pour les Haïtiens confrontés chaque jour à l’insécurité et aux difficultés de survie, l’enjeu est désormais de voir les déclarations politiques se traduire en actions capables de changer leur réalité.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
