Haïti : seuls 10 % des établissements de santé avec lits d’hospitalisation fonctionnent pleinement
Seuls 10 % des établissements de santé disposant d’une capacité d’hospitalisation fonctionnent pleinement en Haïti. Le constat figure dans le rapport final S/2026/714 du Groupe d’experts des Nations Unies sur Haïti, publié en septembre 2026. Le document souligne les conséquences de la violence armée sur l’accès aux soins et le fonctionnement des structures sanitaires.

Port-au-Prince, 11 octobre 2026. —Selon les experts, le contrôle des routes par les gangs complique l’accès aux établissements de santé. Les violences ont également provoqué la suspension temporaire ou la fermeture définitive de plusieurs structures médicales.
Des hôpitaux contraints de suspendre leurs activités
L’hôpital de Médecins Sans Frontières (MSF), situé à Cité Soleil, a été contraint d’évacuer ses patients et son personnel en mai 2026. De violents affrontements entre groupes armés avaient touché cette zone de la capitale. Des balles ont atteint plusieurs bâtiments de l’établissement et blessé un agent de sécurité.
MSF a suspendu ses activités le 11 mai. L’organisation a progressivement rouvert son service d’urgence le 1er juin, après trois semaines d’interruption.
Les difficultés d’accès aux soins concernent aussi les habitants des zones contrôlées par les groupes armés. Les affrontements et les barrages routiers compliquent leurs déplacements vers les centres médicaux.
Des blessures par balle plus graves
Le rapport de l’ONU relève une hausse de la létalité des violences armées. L’augmentation du calibre des armes utilisées et la circulation accrue de chargeurs de grande capacité contribuent à aggraver les conséquences des affrontements.
Les professionnels de santé interrogés par les experts signalent que les blessures nécessitent plus souvent des interventions chirurgicales et des hospitalisations prolongées. Cette évolution accroît la pression sur les établissements encore opérationnels.
Le document indique également que les violences armées ont fait 5 915 morts et 2 708 blessés en 2025, selon les données citées dans le rapport. Les conséquences dépassent les victimes immédiates : les décès et les handicaps durables fragilisent les familles et aggravent la pauvreté.
Un accès aux soins toujours limité
La fermeture des établissements et les interruptions de service compliquent la prise en charge des urgences, des maladies chroniques et des besoins de santé maternelle. À Cité Soleil, MSF a notamment signalé les conséquences des affrontements sur les patients qui nécessitent un suivi médical régulier.
Le rapport S/2026/714 met ainsi en évidence le lien entre insécurité et accès aux services essentiels. Il souligne que les violences armées et les restrictions de circulation fragilisent davantage un système de santé déjà confronté à d’importantes difficultés.
Aristilde Deslande
Vant Bèf Info (VBI)
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