Élections : le PRN met le CEP au pied du mur et exige l’arrêt du processus electoral
Pendant que des citoyens tentent déjà de se frayer un chemin dans un pays marqué par l’insécurité et l’incertitude, le processus électoral se retrouve une nouvelle fois au centre de la contestation. Le Parti réformiste national (PRN) a sommé le Conseil électoral provisoire (CEP) d’annuler ou de suspendre le processus électoral dans un délai de 72 heures. Par l’intermédiaire de Me René St-Fort et Me Roger Balthazar, le parti affirme que le décret électoral du 2 juillet 2026 comporte des dispositions qu’il juge contraires à la Constitution de 1987.

Pour le PRN, la difficulté commence notamment avec l’article 130 du décret électoral, qui impose aux partis, groupements et regroupements politiques de présenter 30 000 membres, adhérents ou sympathisants. Le parti estime que cette obligation peut mettre les formations politiques sous forte pression et créer des risques d’irrégularités autour de l’identité des citoyens. Il réclame donc la publication des listes d’inscription. L’objectif, selon le PRN, serait de permettre à chaque citoyen de vérifier simplement si son nom se retrouve dans une organisation politique sans qu’il ait donné son accord.
La formation politique s’inquiète aussi du fonctionnement du système d’enregistrement. Dans sa sommation, elle cite un rapport de l’Office national d’identification (ONI) daté du 8 septembre 2026 et affirme que 3 383 888 données auraient été rejetées comme doublons, parce qu’elles correspondaient à des personnes déjà inscrites. Pour le PRN, ce volume de données rejetées mérite des explications et pose des questions sur la fiabilité du processus. Ces chiffres et leur interprétation proviennent toutefois de la démarche du parti et doivent être confrontés aux données et explications officielles de l’ONI et du CEP.
Derrière cette bataille de textes et de chiffres, une autre inquiétude demeure : celle de la règle du jeu. Le PRN soutient que l’exigence des 30 000 membres n’est pas prévue par la loi du 23 avril 2013 sur la formation et le fonctionnement des partis politiques. Ses avocats invoquent ainsi la hiérarchie des normes et estiment que la loi doit prévaloir sur une disposition réglementaire qui lui serait contraire. Pour le parti, cette situation crée une insécurité juridique qui risque de compliquer davantage la participation des formations politiques et des citoyens à une échéance électorale déjà difficile à organiser.
Et puis il y a la réalité du terrain. Le PRN estime que l’insécurité qui frappe le pays ne permet pas, dans les conditions actuelles, de garantir des élections crédibles et démocratiques sur l’ensemble du territoire. Il demande donc au CEP d’arrêter ou de suspendre le processus dans les 72 heures. Si l’institution ne donne pas suite à cette demande, le parti annonce des recours judiciaires. Pour les citoyens, l’enjeu est concret : savoir si les règles seront claires, si leur identité sera protégée et surtout s’ils pourront, le moment venu, exercer leur droit de vote dans des conditions qui leur permettent réellement de participer au choix de leurs dirigeants.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info
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