Haïti : la Concertation Nationale dénonce l’échec de la transition et menace d’une campagne de désobéissance civile

La Concertation Nationale (CN) tire la sonnette d’alarme sur la détérioration de la situation sécuritaire, politique et économique en Haïti. Dans une note de conjoncture consultée par Vant Bèf Info (VBI), l’organisation estime que les autorités de transition ont échoué à rétablir l’ordre et à répondre aux attentes de la population.

Port-au-Prince, le 21 mai 2026. La CN décrit un pays plongé dans une crise profonde, marquée par l’insécurité, la paralysie institutionnelle et l’absence de perspectives démocratiques.

L’organisation évoque « trop de souffrances, trop d’échecs et trop d’impunité » sous l’administration actuelle.
Selon la note, le pouvoir de transition ne parvient plus à assurer les missions essentielles de l’État. La Concertation Nationale critique notamment l’incapacité des autorités à rétablir la sécurité, protéger les citoyens et organiser des élections crédibles.

Une insécurité persistante qui fragilise l’économie

La situation sécuritaire reste l’une des principales préoccupations soulevées par l’organisation. Les gangs armés continuent d’étendre leur influence dans plusieurs zones stratégiques, notamment à Carrefour et dans la Plaine du Cul-de-Sac.

La CN affirme que des milliers de familles ont fui leurs domiciles en raison des violences armées. Plusieurs axes routiers demeurent également paralysés, compliquant les déplacements et les activités commerciales.

L’organisation estime que cette insécurité généralisée accentue la crise économique. Les investissements ralentissent, les entreprises fonctionnent au ralenti et certaines infrastructures essentielles restent inaccessibles.

La Concertation Nationale cite aussi la fermeture prolongée de l’aéroport international, qu’elle considère comme un symbole de l’affaiblissement des institutions publiques.

Une transition politique vivement critiquée

Dans son analyse, la CN rappelle qu’Haïti fonctionne sans président élu ni Parlement opérationnel depuis l’assassinat de Jovenel Moïse. Selon l’organisation, cette absence de stabilité politique favorise l’impunité et bloque le retour à l’ordre constitutionnel.

La note critique également le rôle de la communauté internationale, accusée de soutenir des mécanismes de transition jugés inefficaces et éloignés des attentes populaires.

La CN réclame des élections et brandit la menace de désobéissance civile

Face à cette crise multidimensionnelle, la Concertation Nationale formule plusieurs revendications. Elle demande la réouverture de l’aéroport international, la sécurisation des routes nationales et le retour de l’État dans les zones contrôlées par les groupes armés.

L’organisation réclame aussi l’organisation rapide d’élections « libres, honnêtes et inclusives ». Elle rejette par ailleurs tout projet de référendum constitutionnel dans le contexte actuel d’insécurité.

La CN appelle également à la mise en place d’un exécutif bicéphale de transition qu’elle souhaite « crédible et consensuel », afin de conduire le pays vers un processus démocratique.

Dans un ton ferme, l’organisation avertit qu’elle pourrait lancer une campagne nationale de désobéissance civile si les revendications populaires continuent d’être ignorées. Une position qui reflète la montée des tensions dans un contexte marqué par l’insécurité, l’instabilité politique et les difficultés économiques persistantes.

Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)


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