Entre insécurité persistante et pressions économiques, l’exécutif appelé à des mesures urgentes
La détérioration continue du climat sécuritaire en Haïti alimente de vives préoccupations, tant sur le plan national qu’international. Dans une note d’analyse publiée le 6 avril, Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance dresse un tableau alarmant des violences imputées aux groupes armés, tout en appelant les autorités haïtiennes à assumer pleinement leurs responsabilités.

Port-au-Prince, 6 avril 2026.- L’Artibonite apparaît comme l’épicentre de cette nouvelle flambée de violences. Des attaques particulièrement meurtrières, attribuées au gang « Gran Grif », ont récemment endeuillé plusieurs localités, faisant de nombreuses victimes, provoquant des blessés et entraînant la destruction de centaines de maisons. Face à cette situation, l’OIDG dénonce l’absence de prise de parole officielle des autorités, estimant que ce silence renforce le sentiment d’abandon ressenti par les populations touchées.
Dans ce contexte tendu, l’organisation relève néanmoins certains signaux d’engagement sur le plan international. L’arrivée, le 1er avril 2026, d’un représentant spécial de la Force de répression des gangs (FRG), ainsi que le déploiement initial de contingents tchadiens, témoignent d’un appui accru de partenaires étrangers.
Ce premier déploiement devrait être suivi par l’envoi de 750 militaires tchadiens, dans le cadre d’une mission avalisée par l’Organisation des Nations Unies. Si ces initiatives traduisent une volonté de stabilisation, elles mettent également en lumière les insuffisances des dispositifs nationaux face à l’expansion des groupes armés.
L’OIDG insiste ainsi sur la nécessité d’une meilleure articulation des actions entre les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux, afin d’éviter une dispersion des efforts sans résultats concrets sur le terrain.
Une crise multidimensionnelle sur fond de fragilité institutionnelle
Au-delà des enjeux sécuritaires, la note met en exergue une gouvernance fragilisée par un contexte politique incertain. L’Observatoire rappelle que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé exerce désormais seul les prérogatives exécutives, à la suite du retrait du Conseil présidentiel de transition.
Dans cette configuration, l’organisation appelle à des décisions fortes et structurantes. Elle souligne que l’exécutif ne peut se retrancher derrière les circonstances actuelles et doit prioritairement garantir la sécurité des citoyens, tout en jetant les bases d’un processus électoral crédible avant la fin de l’année.
Par ailleurs, la récente révision à la hausse des prix des carburants vient accentuer les difficultés économiques déjà ressenties par la population. L’OIDG met en garde contre les effets immédiats de cette mesure sur le coût du transport, le prix des produits de première nécessité et, plus globalement, sur le pouvoir d’achat des ménages.
Dans un pays marqué par une vulnérabilité socioéconomique élevée, cette décision pourrait exacerber les tensions sociales et creuser davantage les inégalités.
En conclusion, l’Observatoire International pour la Démocratie et la Gouvernance affirme sa volonté de maintenir une veille active sur l’évolution de la situation en Haïti. Se positionnant comme acteur de vigilance démocratique, il entend poursuivre son plaidoyer en faveur d’un retour à l’ordre institutionnel, condition essentielle à toute perspective de stabilité durable.
Wandy CHARLES
Vant Bef Info (VBI)
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