Insécurité en Haïti : plus de 3 000 nouveaux déplacés dans l’aire métropolitaine
La crise sécuritaire continue d’aggraver la situation humanitaire en Haïti. Plus de 3 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs habitations à la suite d’attaques armées survenues dans plusieurs quartiers de Cité Soleil et de Croix-des-Bouquets, selon des données publiées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Port-au-Prince, 16 mars 2026.-Ces nouveaux déplacements interviennent dans un contexte déjà préoccupant. Dans son dernier rapport de suivi, l’Organisation internationale pour les migrations indique que plus de 1,45 million de personnes sont actuellement déplacées dans le pays, un niveau qui se rapproche de celui enregistré après le Séisme de 2010 en Haïti.
Une nouvelle vague de violence
Les déplacements récents seraient liés à l’intensification des affrontements entre groupes armés opérant notamment dans les zones de Canaran et de Pierre 6. Depuis le 8 mars 2026, des individus lourdement armés multiplient les attaques, provoquant la panique parmi les habitants et poussant de nombreuses familles à fuir précipitamment leurs domiciles.
Dans plusieurs cas, les personnes déplacées ont quitté leurs quartiers sans pouvoir emporter leurs effets personnels. Parmi elles figurent des femmes enceintes, des mères allaitantes, des nourrissons et de nombreux enfants, particulièrement vulnérables dans ce contexte d’insécurité.
Des conditions de vie très précaires
Selon l’Organisation internationale pour les migrations, près de 75 % des personnes déplacées ont trouvé refuge chez des proches ou dans des familles solidaires. Toutefois, ces ménages d’accueil vivent eux-mêmes dans des conditions économiques difficiles, ce qui accentue la pression sur leurs ressources.
Les autres déplacés se sont installés dans deux nouveaux sites d’accueil improvisés, qui s’ajoutent à cinq autres déjà occupés par des déplacés internes dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Ces abris de fortune manquent souvent d’infrastructures essentielles, notamment d’eau potable, de sanitaires, d’accès aux soins de santé et d’assistance alimentaire.
À l’échelle nationale, l’OIM estime que plus de 197 000 personnes vivent actuellement dans des sites de déplacement souvent surpeuplés, principalement dans la capitale.
La crise s’étend également à d’autres régions du pays. Les déplacements augmentent notamment dans les départements du Centre, de l’Artibonite et dans le Grand Nord, mettant sous pression des services publics déjà fragilisés.
Silence des autorités et inquiétudes croissantes
Malgré la gravité de la situation, aucune réaction officielle forte n’a été enregistrée pour condamner les violences ayant provoqué cette nouvelle vague de déplacements. Des témoignages recueillis sur place évoquent pourtant des incendies de maisons, des pillages et des tirs d’armes automatiques dans plusieurs quartiers touchés.
Cette absence de prise de position claire suscite l’inquiétude de nombreux observateurs, alors que les autorités affirment régulièrement vouloir reprendre le contrôle des territoires dominés par les groupes armés et rétablir l’ordre public dans l’aire métropolitaine.
Entre promesses et réalité
Ces derniers mois, plusieurs informations ont évoqué la mobilisation de plus de 50 millions de dollars dans le cadre d’un contrat visant à renforcer les dispositifs de sécurité en Haïti. Toutefois, pour les habitants des quartiers les plus exposés, la réalité quotidienne demeure marquée par la peur et l’incertitude.
Dans plusieurs zones, les groupes armés continuent d’imposer leur loi, multipliant attaques, intimidations et violences contre les civils, souvent sans intervention immédiate des forces de sécurité. Pendant ce temps, des milliers de familles déplacées tentent de survivre dans des conditions extrêmement précaires, dans l’attente d’une réponse plus concrète des autorités.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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