TPS : la justice empêche le renvoi massif de Haïtiens vers un pays en crise
Une cour d’appel fédérale rejette la tentative de l’administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) dont bénéficient environ 350 000 Haïtiens aux États-Unis, estimant que leur renvoi les exposerait à la violence en Haïti.

WASHINGTON , le 8 mars 2025.—La Cour d’appel du district de Columbia confirme, par deux voix contre une, une décision de justice bloquant la suppression du statut de protection temporaire (TPS) accordé à des ressortissants haïtiens. L’arrêt, rendu public samedi dans des documents judiciaires, souligne que la fin du programme aurait « des conséquences dévastatrices » pour les personnes concernées.
Selon la cour, les bénéficiaires risqueraient la détention et l’expulsion des États-Unis ainsi qu’une séparation d’avec leurs familles.
La décision confirme le jugement rendu par la juge fédérale Ana Reyes, qui avait suspendu l’expiration du TPS prévue le 3 février, estimant que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis ne disposait pas d’éléments factuels suffisants pour justifier la fin du programme.
La cour note également que les plaignants renvoyés en Haïti seraient exposés à la violence, dans un contexte d’effondrement de l’état de droit et de difficultés d’accès aux soins médicaux essentiels.
L’argument avancé par l’administration de Donald Trump — selon lequel la situation en Haïti aurait évolué depuis l’octroi du TPS après le séisme de 2010 — est contesté par des juristes. Washington soutient que le dispositif, créé après la catastrophe, n’a jamais été conçu comme un programme d’amnistie permanente.
Malgré cette décision, des organisations de défense des migrants et des élus démocrates préviennent que le contentieux se poursuit. Des responsables du ministère ont indiqué vouloir porter l’affaire devant la Cour suprême des États-Unis.
Les expulsions renverraient les migrants dans un pays plongé dans une crise profonde, marquée par l’absence de dirigeants élus et une intensification des violences de gangs depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. Selon un rapport des Nations unies publié en janvier, près de 6 000 personnes ont été tuées en Haïti en 2025.
Vant Bèf Info
Avec CBS News
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