Jour J-1 : Haïti retient son souffle à l’approche du 7 février

À la veille du 7 février, l’ensemble du pays vit dans une attente lourde d’incertitudes. Des institutions aux quartiers populaires, des cercles politiques à la société civile, la peur et le suspense se mêlent aux appels au dialogue et aux élans de résilience. Personne ne peut dire avec certitude ce que cette date produira : les propositions censées sortir Haïti de la crise semblent parfois l’enfoncer davantage.

Port-au-Prince, 6 février 2026

Une transition politique sous tension

La fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) alimente les spéculations. Les acteurs nationaux multiplient les démarches, tantôt publiques, tantôt discrètes, pour influencer l’issue de cette étape sensible. Deux pistes sont actuellement sur la table :

La désignation du Président de la Cour de Cassation

La mise en place d’un Collège présidentiel à trois têtes, avec ouverture des inscriptions pour les postes de Président et Premier ministre depuis le 4 février.

Une population entre peur et résignation
Dans les rues de Port-au-Prince, la circulation est ralentie et la majorité des écoles restent fermées par précaution. L’insécurité et la précarité économique accentuent l’angoisse collective. Beaucoup redoutent une aggravation de la crise.

« Tout peut arriver. Il y a des menaces de coup d’État et les Conseillers-Présidents semblent décidés à ne pas obéir à une décision internationale. L’arrivée de bateaux de guerre à l’approche de la fin de leur mandat n’est sûrement pas une coïncidence », confie un quadragénaire lors d’un débat animé sur la place Saint-Pierre.

À l’inverse, Naicha Joseph, étudiante en Relations internationales à l’INAGHEI, garde espoir :
« Même à la dernière minute, un accord sera trouvé. Ce n’est pas la première fois que l’histoire se répète. Les pressions sont énormes, mais il y aura malgré tout un compromis », estime-t-elle.

Pressions internationales

Les partenaires étrangers suivent de près l’évolution de la situation. Une note de l’Ambassade des États-Unis réaffirme son soutien au Premier ministre, tandis que l’arrivée de navires et d’un avion militaire alimente les spéculations. Pour certains, il s’agit de pressions directes ; pour d’autres, d’un engagement en faveur de la stabilité. Dans tous les cas, l’incertitude demeure totale quant aux prochaines heures.

40 ans de démocratie : un bilan amer

Cette crise survient à une date symbolique : le 7 février marque les quarante ans du passage d’Haïti de la dictature à la démocratie. Un système censé transformer la gouvernance et améliorer la vie des citoyens. Pourtant, le bilan est jugé sévèrement : transitions inachevées, chômage endémique, ingérences étrangères, inégalités persistantes et une démocratie fragilisée.

Quarante ans après, le pays reste prisonnier d’une instabilité chronique. À quelques heures du 7 février, la question demeure : quelles seront les répercussions d’un éventuel vide institutionnel ?

Belly-Dave Bélizaire 
Vant Bèf Info (VBI)


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