Fin de mandat du CPT : Michel Brunache plaide pour le respect du cadre institutionnel

À l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue pour le 7 février, l’ancien ministre de la Justice, Me Michel Brunache, estime que l’instance n’a pas rempli les missions définies par l’Accord politique du 3 avril et appelle au strict respect du cadre institutionnel.

Port-au-Prince, 5 février 2026.- Dans une interview accordée à Vant Bèf Info (VBI), le jeudi 5 février, Me Brunache a jugé le bilan du CPT insatisfaisant après près de deux années de gestion. Il évoque des difficultés de gouvernance, des soupçons de corruption et l’absence de résultats tangibles sur les principaux chantiers de la transition.

L’ancien garde des Sceaux a notamment cité la dégradation de la situation sécuritaire et l’absence d’élections permettant un retour à l’ordre constitutionnel, qu’il considère comme des indicateurs des limites du processus engagé.

S’agissant des assises du dialogue interhaïtien initiées par certains membres du CPT à l’approche de l’échéance du 7 février, Me Brunache a exprimé son désaccord. Selon lui, le Conseil ne disposerait plus de la légitimité nécessaire pour engager une telle démarche. « Le mandat du CPT arrive à son terme. Toute initiative prise en dehors de ce cadre ne saurait engager l’avenir du pays », a-t-il déclaré.

Il précise que sa position repose sur une analyse institutionnelle et non sur une opposition personnelle aux membres du Conseil. Dans cette logique, Me Brunache estime que la continuité des affaires de l’État devrait être assurée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé après la fin du mandat du CPT.

Abordant la question sécuritaire, l’ancien ministre a fait état d’opérations menées par les forces de l’ordre contre des groupes armés dans certaines zones de la région métropolitaine, notamment au Champ-de-Mars et à Delmas 6, où opère le chef de la coalition armée Viv Ansanm, Jimmy Chérizier, alias « Barbecue ».

Concernant la présence de militaires américains en Haïti, Me Brunache a évoqué une dynamique régionale plus large, indiquant que cette présence s’inscrivait dans le cadre d’accords conclus avec les autorités haïtiennes et que les enjeux dépassaient le seul cadre national.

Il a également réagi aux déclarations de l’ambassade des États-Unis en Haïti réaffirmant son soutien au Premier ministre, rappelant que ce dernier aurait déjà fait face à deux tentatives de remise en cause de son maintien à la tête du gouvernement.

Enfin, Me Michel Brunache estime que les membres du CPT cités dans des affaires présumées de corruption devraient répondre aux accusations devant les juridictions compétentes, tout en soulignant le respect du principe de la présomption d’innocence.

Il a conclu en appelant à une reconstruction des institutions et au rétablissement de la stabilité politique et institutionnelle dans le pays.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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