Les Nations-unies dénombrement près de 6 mille morts en Haiti en 2025

En Haïti, la situation des droits humains continue de se détériorer à un rythme alarmant. Selon un rapport publié le 30 janvier 2026 par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), près de 6 000 personnes ont été tuées et plus de 2 700 blessées en 2025, dans un contexte marqué par la violence des gangs, les opérations policières musclées et la fragilisation du système judiciaire.

Port-au-Prince, le 1er février 2026.-

Selon le BINUH, le quatrième trimestre 2025, couvrant la période d’octobre à décembre, a été l’un des plus meurtriers de l’année. 1 523 personnes ont perdu la vie et 806 autres ont été blessées en seulement trois mois. Ces chiffres portent le total annuel à 5 915 morts et 2 708 blessés, illustrant l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire en Haïti.
Malgré les opérations menées par les forces de l’ordre, les gangs armés continuent de semer la terreur, surtout dans les zones qu’ils contrôlent à Port-au-Prince. Ils sont responsables de 32 % des victimes, selon l’ONU. Dans ces quartiers, les groupes criminels perpètrent meurtres ciblés, enlèvements, extorsions, destructions de biens et même la traite d’enfants, utilisés dans des activités criminelles.
La violence sexuelle est également utilisée comme arme de terreur. Le Mécanisme onusien de surveillance (MARA) a recensé plus de 301 victimes de violences sexuelles durant le dernier trimestre de 2025. La majorité sont des femmes et des filles, certaines âgées d’à peine dix ans, victimes de viols collectifs lors d’invasions de domiciles ou dans l’espace public.
Dans les zones rurales, notamment dans l’Artibonite et le Centre, les gangs multiplient les attaques contre les communautés agricoles afin d’élargir leur contrôle territorial. Ces violences provoquent des déplacements massifs de population, détruisent les moyens de subsistance et aggravent la crise humanitaire.

Parallèlement, le BINUH attribue 6 % des morts et des blessés aux groupes d’auto-défense et au mouvement « Bwa Kalé », qui ciblent des membres présumés de gangs ou leurs supposés complices, souvent en dehors de tout cadre judiciaire.

Plus inquiétant encore, 62 % des victimes du dernier trimestre ont été tuées ou blessées lors d’opérations des forces de l’ordre, parfois appuyées par une société militaire privée utilisant des drones. Parmi les victimes de ces frappes figurent 32 civils, dont deux jeunes filles, soulevant de sérieuses préoccupations sur le respect des droits humains dans les opérations de sécurité.

Le rapport fait aussi état de 58 exécutions sommaires présumées imputées à des policiers au cours du trimestre, portant le total annuel à plus de 222 cas. L’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti a été saisie de ces dossiers.

Face à cette situation, le chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, souligne néanmoins la poursuite des efforts pour lutter contre l’impunité :« Nous saluons la poursuite des efforts visant à renforcer la lutte contre l’impunité, menés par les autorités haïtiennes avec l’appui des Nations unies, malgré des contraintes persistantes. »

Par ailleurs, dans le cadre de l’appui judiciaire, plusieurs audiences ont permis la libération de plus d’une douzaine d’enfants détenus, à Port-au-Prince, aux Cayes et aux Gonaïves.

Alors que Haïti s’enfonce dans une spirale de violence et de violations des droits humains, l’ONU appelle à un renforcement urgent de la protection des civils, au respect strict du droit international dans les opérations de sécurité et à une lutte réelle contre l’impunité, y compris pour les agents de l’État. Plus que jamais, la communauté internationale est sommée de maintenir Haïti à l’agenda mondial et de mobiliser les moyens nécessaires pour répondre à une crise devenue existentielle pour des millions d’Haïtiens.

Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info ( VBI)


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